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La MONUC découvre deux fosses communes à Ntulumamba

Deux fosses communes ont été signalées à la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (MONUC). Elles renfermeraient les cadavres de 39 civils tués samedi dans le village de Ntulumamba, dans la commune de Kalonge, à 75 km au nord de Bukavu, a déclaré une porte-parole de l’ONU.

Sylvie van den Wildenberg, la porte-parole, a déclaré mercredi de Bukavu que les survivants avaient indiqué l’emplacement des fosses et que celles-ci contenaient surtout les cadavres de femmes et d’enfants. La brigade pakistanaise de la MONUC au Sud Kivu a dépêché une unité d’intervention rapide aéroportée pour enquêter, ainsi qu’une mission civile.

« Cette mission a pour tâche d’établir les responsabilités sur ces massacres pour que leurs auteurs soient poursuivis », a déclaré Mme van den Wildenberg.

Une équipe composée de membres de la section des droits de l’homme et de la protection de l’enfance de la MONUC, de médecins légistes et de représentants des autorités judiciaires du Sud Kivu sera envoyée sur les lieux.

Des survivants ont affirmé à la MONUC que les attaques avaient été menées par les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un avis partagé par Didas Kaningini, gouverneur de la province de Sud Kivu.

Les rescapés affirment que les rebelles ont agi durant la nuit et qu’ils ont enfermé les villageois dans leurs cases, avant d’incendier ces dernières. Ceux qui ont résisté ont été mutilés à coups de machettes.

« Ils nous ont demandé des dollars et comme nous n’en avions pas, ils nous ont ligotés avant de nous asperger d’essence et de mettre le feu », a expliqué un survivant à Radio Okapi, la station radio de l’ONU.

Edmong Ngarambe, un officier supérieur des FDLR, nie toute responsabilité au nom de son groupe. Il accuse les Rastas, un groupe de dissidents des FDLR qui, selon lui, opère en collaboration avec des milices congolaises. Un autre survivant a confirmé la version de Ngarambe à la radio congolaise.

« Ce sont les Rastas du colonel Kiyombe Chinja Chinja qui nous ont ainsi maltraités. Ils nous accusent de collaborer avec l’armée congolaise et la MONUC de renseigner ces dernières leur position », a déclaré le survivant, qui a requis l’anonymat.

Les FDLR et les Rastas ont tous deux été accusés de massacres collectifs et de violations des droits de l’homme dans l’est de la RDC. Parmi les chefs des rebelles, beaucoup sont accusés d’avoir orchestré ou perpétré le massacre de quelque 937 000 Tutsis et Hutus politiquement modérés durant le génocide rwandais de 1994, qui avait duré 100 jours.

Tandis que les milices continuent de tuer, le président Joseph Kabila a ordonné que l’armée désarme toutes les milices étrangères actives dans l’est de la RDC. Les FDLR constituent la milice principale. Les autres milices présentes dans la région sont : le Front national de libération du Burundi (FNL), dirigée par Agathon Rwasa et basée dans la région d’Uvira, les Forces démocratiques alliées / Armée nationale de libération de l’Ouganda (ADF/NALU), basées dans la région de Beni et de Butembo, et l’Armée de rédemption du peuple, qui n’a pas encore été localisée.

Les FDLR occupent une région de l’est du Parc de Kahuzi-Biega où il n’y a pas de soldats de l’armée congolaise.

« Nous ne savons pas ce qui se passe là-bas, mais nous avons cependant préparé un bataillon qui attend l’ordre pour intervenir et protéger la population », a déclaré le lieutenant Kasanda Wa Kasanda, porte-parole de l’armée congolaise à Bukavu.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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