"Début janvier, Charles Taylor a commandité l’assassinat du président guinéen Lansana Conté pour se venger du soutien qu'il a apporté au mouvement rebelle libérien du LURD ...et... pourrait bientôt réitérer cette tentative," a déclaré Crane dans un communiqué lundi.
Taylor a quitté le pouvoir en août 2003, alors que les rebelles du LURD (Libériens unis pour la reconstruction et le développement) avançaient sur Monrovia, la capitale du Liberia.
Pour éviter des affrontements sanglants dans la capitale, les Etats-Unis, ont œuvré pour que Taylor quitte le pouvoir de son propre chef et se réfugie au Nigeria.
Mais selon Crane, Taylor demeure une menace pour la sécurité de l’Afrique de l’ouest depuis sa luxueuse résidence de Calabar, au sud est du Nigeria.
"Depuis son exil, Charles Taylor est quotidiennement en contact avec son réseau politique au Liberia. Il a également mobilisé son réseau de chefs de guerre et de compagnons d’armes pour maintenir l’Afrique de l’ouest dans le tumulte," a déclaré l’ancien juriste du département américain de la défense.
"Taylor demeurera une menace pour l’Afrique aussi longtemps qu’il ne sera pas traduit devant le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone”, a ajouté Crane.
La déclaration de Crane a tiré les autorités guinéennes de l’embarras. Leur enquête consécutive à la tentative d’assassinat sur le président Conté le 19 janvier n’avait rien donné et l’opposition guinéenne avait accusé le pouvoir d’avoir inventé l’affaire.
Des hommes en armes non identifiés avaient ouvert le feu sur le convoi de Conte alors qu’il circulait dans la périphérie de la capitale Conakry. Le président âgé de 71 ans qui dirige la Guinée depuis 21 ans en est sorti indemne, mais un des ses gardes du corps a été grièvement blessé.
Le procureur américain, qui a fait de l’extradition de Taylor son cheval de bataille, a affirmé que ses informations provenaient de plusieurs sources sans préciser lesquelles.
Alors qu’il dirigeait le Liberia, Taylor a entretenu le mouvement rebelle sierra léonais du Front Révolutionnaire Uni (RUF), leur procurant des armes en échange de diamants.
Inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par le tribunal chargé de juger ceux qui portent les plus hautes responsabilités pour les atrocités commises pendant la décennie de guerre civile en Sierra Leone, Taylor est pour le moment demeuré hors de la juridiction du Tribunal Spécial.
Le président Olusegun Obasanjo du Nigeria a répété que son pays ne remettrait Taylor au Tribunal Spécial que si le gouvernement libérien le lui demandait.
Les accusations de Crane ont été formulées quatre jours après que des parlementaires américains aient demandé à Condoleezza Rice, secrétaire d’état américaine, de traduire Taylor devant les tribunaux.
Fin février, le parlement européen a adopté une résolution invitant l’Union Européenne et les états membres à tout mettre en oeuvre pour convaincre le Nigéria de livrer Taylor à la justice.
"Charles Taylor donne raison à l’adage selon lequel il ne peut y avoir de paix sans justice," a declaré Crane.
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