1. Accueil
  2. West Africa
  3. Liberia

Les Etats-Unis menacent de suspendre leur aide si les élections étaient reportées

Les Etats-Unis suspendront leur aide au programme de reconstruction d’après-guerre du Liberia, si le parlement de transition de ce pays d’Afrique de l’ouest persiste à demander un nouveau recensement de la population avant la tenue des élections prévues en octobre 2005, a prévenu John Blaney, ambassadeur des Etats-Unis.

"D’autres pays ont besoin de l’aide américaine. Les Etats-Unis sont présents ici pour aider le Liberia ; mais si une poignée de libériens mesquins et égoïstes continuent inlassablement leur manœuvres politiciennes pour empêcher le bon déroulement du processus de paix, nous serons probablement amenés à ré-orienter notre aide vers d’autres pays," a indiqué l’ambassadeur au cours d’une conférence de presse.

Les Etats-Unis sont le seul et plus important bailleur de fonds du Liberia, un pays créé à la fin du 19e siècle par des esclaves noirs américains affranchis.

Le document de l’ambassade américaine qu’IRIN a pu se procurer montre que Washington a déjà offert près de 523 millions de dollars américains au Liberia depuis la fin des 14 années de guerre civile, en août 2003.

Blaney a sévèrement critiqué le parlement de transition qui persiste à demander un nouveau recensement avant la tenue des élections prévues en octobre 2005.

Lors du dernier recensement de la population du Liberia en 1984, le population de cet état d’Afrique de l’ouest était estimée à trois millions d’habitants. Mais après 14 années de guerre civile, il est bien difficile d’établir avec certitude le nombre de personnes mortes pendant la guerre ou de savoir combien de personnes parmi les 350 000 réfugiés installés à l’étranger rentreront dans leur pays pour voter.

Selon Blaney, avec la demande de recensement inscrite dans le projet de loi électorale et approuvée il y a deux semaines par le parlement, les élections présidentielle et législative prévues initialement en octobre 2005 pourraient être reportées en 2008.

"Il faut rejeter cette demande, car le recensement prendra trois ans. Il convient plutôt d’engager le processus électoral qui permettra de redonner au Liberia un gouvernement démocratiquement élu, à l’échéance prévue," a indiqué Blaney. "Ne laissons pas filer le précieux temps qu’il nous faut pour préparer les élections," a t-il conclu.

Le parlement de transition est composé de 76 parlementaires représentant les trois factions armées qui se sont opposées pendant la guerre civile et des groupes de la société civile.

Récemment, Blaney et Jacques Klein, le responsable de la Mission d’observation des Nations unies au Liberia (MONUL) ont dénoncé la tentative de certains groupes de parlementaires de retarder la tenue des élections afin de se maintenir au pouvoir.

Le parlement a commencé l’étude du projet de loi électorale qui doit être adopté avant le démarrage en août des préparatifs des élections. Mais de nombreux amendements – dont celui relatif au recensement – ont été apportés au projet de loi avant son adoption en lecture finale à la fin du mois de novembre.

Ce projet attend maintenant l’approbation de Gyude Bryant, le président du gouvernement de transition du Liberia, pour avoir force de loi.

L’ambassadeur des Etats-Unis a demandé au parlement de revenir sur le texte du projet de loi et de le modifier, tout en conseillant à Bryant de ne pas approuver ce texte de loi dans sa forme actuelle.

Le gel de l’aide financière de Washington aurait un impact énorme sur la poursuite du programme de reconstruction d’après guerre du Liberia. Ce programme concerne notamment la réhabilitation des routes, des écoles, des centres de santé et des réseaux électriques et d’eau, ainsi que le rapatriement des réfugiés et le recyclage des ex-combattants pour leur réinsertion dans la vie civile.

Blaney a également prévenu les autorités libériennes que le gouvernement américain pourrait aussi faire voter une interdiction de voyager et le gel des avoirs à l’encontre de tout individu qui entraverait le bon déroulement du processus électoral.

"Nous observons ceux qui cherchent à entraver le bon déroulement du calendrier électoral ou le processus de paix," a indiqué l’ambassadeur à la presse. "Les Etats-Unis peuvent proposer au Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer d’autres sanctions à l’encontre de certains individus en décrétant une interdiction de voyager, un gel de leurs avoirs."

L’ambassadeur Blaney n’est pas le premier à se plaindre de l’entêtement du parlement à procéder à un nouveau recensement avant la tenue des élections prévues en octobre 2005, comme stipulé par les accords de paix de 2003.

La commission électorale du Liberia a déjà enregistré une protestation, indiquant que le nouveau recensement entraînera un report des élections.

La semaine dernière, Mohammed Ibn Chambas, le secrétaire général de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et artisan des accords de paix au Liberia, a aussi demandé au parlement de poursuivre le processus électoral pour la tenue des élections en octobre 2005..

"Nous avons déjà pris du retard," a fait remarquer Mohammed Ibn Chambas. "Nous pouvons rattraper ce retard, mais pour cela, nous devons faire voter le projet de loi électorale très rapidement," a t-il ajouté en précisant que le calendrier électoral a déjà été fixé par les accords de paix de 2003. "Nous devons nous en tenir à ce calendrier."

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join