Jean-Charles Kra, représentant intérimaire de cette institution à Kinshasa, capitale de la RDC, a précisé mardi à IRIN que :"[La Banque est] en phase de négociation de ce montant qui est de l'ordre de 100 millions de dollars. Les négociations pourront avoir lieu en janvier 2004. Nous sommes en train de terminer la phase de préparation du dossier."
L'épidémie du VIH/Sida est un véritable fléau en RDC. Plus de la moitié de la population en RDC est en effet menacée d'être infectée par le VIH/Sida d'ici 10 ans, a prévenu lundi premier décembre le Programme national de lutte contre le sida (PNLS), en marge de la célébration de la journée mondiale contre le sida.
Ce pronostic résulte de projections effectuées dans le cadre d'une enquête menée par le PNLS courant 2003.
"La prévalence de l'épidémie [chez les personnes âgées de 15 à 40 ans] est de 15 à 19% plus élevée que dans d'autres pays," a affirmé à IRIN le docteur Jack Kokolomani, directeur intérimaire du PNLS.
"La grande majorité des gens qui meurent aujourd'hui du sida dans notre pays ont entre 15 et 40 ans," a-t-il ajouté.
La contamination intervient très tôt, "autour de 10 ans, 11 ans, 13 ans ou 14 ans," a précisé le docteur.
La raison de cette contamination, a indiqué le rapport du PNLS, s'explique par la précocité des rapports sexuels en RDC. Selon les experts, ce phénomène constitue un critère de vulnérabilité car 83 % des personnes sont contaminées par voie sexuelle dans ce pays.
"Des [individus] ont avoué dans cette enquête avoir commencé à entretenir des rapports sexuels vers 8 ans, 9 et 10 ans. La majorité commence vers 12 et 14 ans. 50 % de jeunes auront eu leur premier rapport sexuel à 16 ans," a précisé le docteur Kokolomani.
"Si ça continue de la sorte, il ne sera pas exagéré de dire que dans 10 ans, il n'y aura plus de future génération," a-t-il encore affirmé.
Compte tenu de cette menace, le PNLS tient à sensibiliser les différentes couches socioprofessionnelles et toutes les communautés.
Le PNLS a cité en exemple les Eglises et différentes communautés religieuses de la RDC qui ont installé un comité interconfessionnel de lutte contre le VIH/Sida.
Dans le cadre de cette campagne de sensibilisation, Daniel Ngoy Mulunda, pasteur de l'église méthodiste, remet en cause le message des Eglises concernant l'abstinence pour lutter contre la pandémie.
"Notre message d'interdiction de l'usage du préservatif a échoué, on ne peut pas continuer à prêcher aux gens qui sont malades, la moralité et l'abstinence," a dit le pasteur Mulunda lors de la journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida en se référant à la déclaration de la Conférence des Eglises de toute l'Afrique (CETA), réunie récemment à Doula (Cameroun) du 22 au 29 novembre 2003.
Selon le PNLS, les Eglises et les communautés religieuses soutiennent le programme en transmettant un message de prévention à leurs fidèles.
"On a trouvé un terrain d'entente avec les Eglises qui acceptent de faire passer le message du préservatif parce que recommandé par la science. Mais elles refusent d'en faire la publicité," a déclaré le docteur Kokolomani.
Les Eglises participent toutefois à la prise en charge des personnes touchées par cette maladie.
Selon le docteur Kokolomani la prévalence atteint les 12 à 15 pour cent dans quatre des 11 provinces du pays alors que la moyenne de la contamination en RDC se situe entre cinq et six pour cent dans les provinces plus ou moins épargnées par les cinq années de guerre en RDC. Les régions les plus touchées sont la province Orientale, le Maniéma et les deux Kivu, dans l'est et le nord-est de la RDC.
"L'extension de ce programme reste le premier défi. Le pays est tellement grand. 70 % de la population vit dans des milieux ruraux et ont de plus en plus besoin du programme," a-t-il dit.
"ONUSIDA a évalué à 130 millions de dollars les besoins annuels pour la RDC, mais nous ne sommes pas au tiers de ces besoins," a-t-il précisé.
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