Hamadoun Touré, le porte-parole de la MONUC, a déclaré que des militaires de l'armée congolaise ont empêché les observateurs militaires des Nations Unies de vérifier les informations sur place.
Le crash avait eu lieu il y a près d'une semaine à la base militaire de Kamina, dans le centre de la province du Katanga.
"Le site de Kamina était fortement protégé par des soldats de l'armée congolaise. Ces derniers ont renvoyé les observateurs militaires. Ils ont arrêté et molesté l'officier congolais qui les accompagnait," a déclaré Touré.
"Ce qui intéresse la MONUC c'est que le gouvernement entrave les vérifications alors qu'il existe des allégations selon lesquelles l'avion transportait des armes pour des groupes armés," a ajouté Touré.
En vertu de la résolution 1493, adoptée par le Conseil de Sécurité le 28 juillet 2003, "les parties donnent libre accès aux observateurs militaires de la MONUC, y compris dans les ports, aéroports, terrains d’aviation, bases militaires et postes frontière."
La MONUC a laissé entendre que les armes supposées transportées dans l’avion étaient destinées à des groupes armés congolais et non étrangers.
Le Rwanda accusait régulièrement le gouvernement de Kinshasa de soutenir les groupes rebelles rwandais opérant dans l’Est de la RDC. Kinshasa s’était néanmoins récemment engagé à combattre les rebelles Hutu rwandais dans le but de normaliser ses relations avec Kigali. [voir "Le Congo s’engage à arrêter les rebelles Hutu rwandais" sur http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=5087]
La résolution 1493 dispose par ailleurs que "tous les Etats, y compris la RDC prendront […] les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects, depuis leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen d’aéronefs immatriculés sur leur territoire […] d’armes et de tout matériel connexe […] à tous les groupes armés et milices étrangers et congolais opérant dans le territoire du Nord et du Sud-Kivu et de l’Ituri".
Cette même résolution autorise encore la MONUC à faire usage de la force pour accomplir ses missions.
"Nous ne pouvions recourir à la force dans ce cas, même si la résolution 1493 nous en donne le droit. Nous ne pouvons pas faire la guerre à l'armée congolaise, car cela remettrait en cause la raison même de notre présence ici," a néanmoins ajouté Touré.
Le gouvernement d'unité nationale ne s'est pas encore prononcé sur ces entraves.
"Les officiels congolais ont d'abord nié le crash puis ils ont admis qu'il s'agissait d'un banal accident d'un avion civil," a rapporté Touré.
Cette obstruction aux vérifications onusiennes n'est pas la première que la MONUC rencontre.
"Des observateurs envoyés dans le territoire du Rutshuru [province du Nord-Kivu] s’étaient vus refuser l'accès au camp militaire de Ruwangabo. Là où ils ont été admis comme à Katale, des officiers de l'ex-ANC (anciennes troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie [RCD-Goma]) leur ont dénié toute possibilité de communiquer avec les soldats trouvés sur place," avait expliqué la MONUC. [voir "La Monuc, empêchée de vérifier la présence des troupes rwandaises" sur http://www.irinnews.org/FrenchReport.asp?ReportID=5070]
Les obstructions aux opérations de vérification avaient néanmoins ostensiblement été levées le jour suivant, à la suite des instructions du gouverneur de la province du Sud-Kivu, Eugène Serufuli. Il avait ainsi démandé que les observateurs onusiens bénéficient d'un libre accès aux installations militaires du Nord-Kivu et accomplissent leur mission sans obstacles. [voir "MONUC granted access to North Kivu military compounds" sur http://www.irinnews.org/report.asp?ReportID=37556]
Un gouvernement transitoire de deux ans, regroupant les principaux anciens belligérants congolais, a été installé le 30 juin dernier pour mettre fin à près de cinq années de guerre alors qu’une nouvelle armée unifiée a été inaugurée le 5 septembre en RDC.
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