"Il s'agissait d'une déclaration écrite de tous ses biens sous pli fermé," a précisé à l’IRIN Raphael Luhulu le principal rapporteur de l'assemblée nationale.
Olivier Kamitatu, le président de l’assemblée nationale, a indiqué à l'IRIN que "le chef de l'Etat a tracé la voie que tous les autres membres de l'exécutif devront suivre pour se conformer à la constitution de la transition".
Le contenu de la déclaration restera secret. Il ne sera divulgué qu'à l'assemblée nationale dans l'hypothèse d'un besoin d'une quelconque justification.
"Il ne s'agit pas de divulguer l'état du patrimoine du chef de l'Etat. Le président a simplement déposé sur l'honneur une enveloppe scellée," a indiqué Olivier Kamitatu.
L'ancien gouvernement, les différentes factions rebelles, l'opposition politique non armée, les combattants traditionnels Mayi-Mayi et la société civile avaient, en effet, décidé lors des discussions au sein du dialogue inter-congolais que l'ensemble des membres du gouvernement devraient déclarer par écrit leurs avoirs.
Cette clause avait été reprise dans la constitution devant régir la RDC durant les deux années transitoires.
"Ceci est le résultat de l'ingéniosité savante de nos représentants au dialogue inter-congolais. Nos composantes respectives ne peuvent que se conformer à ce devoir pour éviter les sombres dérapages que l'on a déjà connus dans le passé dans ce pays," a affirmé Jean-Pierre Lola Kisanga, le porte-parole de l'ancien mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), qui fait partie du nouveau gouvernement.
Toutes les composantes du gouvernement ont dans ces conditions promis de déposer prochainement la liste de leurs biens.
"Au cas où il y aurait une suspicion d'enrichissement sans cause et éventuellement des poursuites judiciaires, ces enveloppes seraient alors décachetées et portées à la connaissance de l'assemblée nationale pour prouver qu'enrichissement illicite il y a eu. Si ce n'est pas le cas, ce sera juste un geste hautement patriotique," a souligné Olivier Kamitatu.
Les belligérants congolais, l'opposition politique et la société civile ont signé en décembre dernier un accord de partage du pouvoir qui a conduit à l'installation d'un gouvernement transitoire le 30 juin dernier. La période transitoire s'achèvera dans deux ans par l'organisation d'élections générales.
Le gouvernement est dirigé par le président Joseph Kabila. Il est secondé par quatre vice-présidents émanant des deux principaux mouvements rebelles ainsi que de l'opposition politique non armée et de l'ancien gouvernement.
D'autres institutions comme le parlement et l'état-major général de l'armée réunifiée ont également été installées.
En revanche, l'inauguration des cinq institutions d'appui à la démocratie qui aurait dû se tenir à l'occasion de la séance parlementaire de jeudi a été une nouvelle fois reportée parce qu'une loi organique n'a pas encore été votée.
Les membres de ces institutions ont uniquement été présentés au parlement. Ils ne pourront commencer à travailler qu'après l'adoption de cette loi spéciale qui précise la constitution.
leur installation avait été initialement programmée pour lundi dernier mais l’assemblée nationale et le sénat ont décidé de la renvoyer à une séance ultérieure.
"Nous avons estimé qu'il fallait que les deux chambres se réunissent d'abord pour fixer le protocole de la cérémonie," avait rapporté à l'IRIN, Lambert Omalanga, rapporteur du sénat.
Le dialogue inter-congolais avait, en effet, prévu la création d'un Observatoire national des droits de l'Homme, d'une Haute autorité des médias, d'une Commission vérité et réconciliation, d'un Conseil national des élections et d'une Commission de l'éthique et de la lutte contre la corruption.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions