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Tenue des premières élections marquées par le multipartisme

Environ 4,1 millions de Rwandais ont commencé à se prévaloir de leur droit de vote, ce lundi, en vue d’élire un Président lors des premières élections caractérisées par le multipartisme à se dérouler dans ce pays d’Afrique centrale, depuis l’obtention de son indépendance de la Belgique, il y a une quarantaine d’années.

Cette élection a été présentée comme une vitrine du niveau de transformation connu par le Rwanda neuf ans après les 100 jours de génocide de 1994, au cours desquels au moins 500 000 Tutsis et Hutus modérés ont péri.

L’élection présidentielle oppose le président en titre, Paul Kagame, à son ancien Premier ministre, Faustin Twagiramungu, et à un ex-membre de son cabinet, Nepomuscene Nayinzira.

M. Kagame a rehaussé ses chances de remporter la victoire quand la seule femme en lice, Alivera Mukabaramba, s’est désistée de la course dimanche en invitant ses partisans à soutenir M. Kagame.

Cette première campagne électorale post-génocide au Rwanda a toutefois été assombrie par des allégations de harcèlement et d’intimidation perpétrée par les autorités du pays à l’encontre des partisans de M. Twagiramungu.

Peu avant l’élection, M. Twagiramungu a annoncé aux journalistes que les policiers détenaient douze de ses observateurs électoraux, accusation qu’un porte-parole de la police, Tony Kuramba, a confirmée. Ces 12 personnes, qui n’ont pas encore été inculpées pour quelque délit que ce soit, ont été arrêtées samedi dans une maison d’un quartier pauvre de Kigali, où elles sont soupçonnées d’avoir comploté pour perturber le scrutin de lundi.

"Ces opérations étaient franchement de mauvais goût pour un système démocratique. Les responsables de ma campagne et mes partisans ont été continuellement harcelés par des agents de l’État. Cela démontre qu’il s’agit sans doute d’une élection truquée", a déclaré M. Twagiramungu.

M. Twagiramungu, un Hutu âgé de 58 ans, faisait face aux pressions provenant de la société civile et de partis politiques, l’accusant d’avoir fait campagne en misant sur le caractère ethnique. M. Twagiramungu a toutefois affirmé que la question ethnique était un argument amplifié par le Front patriotique rwandais (FPR) afin de ternir son image publique et de le réduire au silence.

"Le FPR est en train de faire subir aux Rwandais un lavage de cerveau, en me dépeignant comme un fauteur de divisions qui cherche à casser la société rwandaise. Je me présente (au contraire) en préconisant les principes (consistant) à bâtir un pays uni et réconcilié", dit-il.

M. Kagame, un Tutsi qui dirigeait les rebelles du FPR qui ont évincé, en 1994, un gouvernement dominé par les Hutus, mettant ainsi fin au génocide, bénéficie de l’appui de sept des neuf partis politiques reconnus du pays. Il est aussi le favori pour remporter le scrutin d’aujourd’hui.

M. Kagame a par ailleurs qualifié le vote de lundi de "pas de géant" dans le processus de démocratisation du Rwanda.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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