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Les groupes armés de l'Ituri ont négocié avec le gouvernement transitoire

Les leaders des groupes armés de l’Ituri, dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC) ont accepté que l’autorité du gouvernement d’unité nationale soit établie dans cette région, a indiqué à IRIN ce lundi, Thomas Lubanga de l’Union des patriotes congolais (UPC).

Pendant environ quatre jours, 29 personnes représentant les groupes armés rivaux de ce district ont négocié - d'abord entre eux, puis avec les autorités du nouveau gouvernement - leur prise en compte au sein des institutions de la transition desquelles les belligérants de l’Ituri étaient jusqu'à présent absents.

Les leaders de groupes armés s'étaient préalablement rencontrés les 16 et 17 août dernier. La réunion avait été placée sous les auspices de la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC.

L'ensemble des parties avait signé un mémorandum par lequel ils se sont engagés à arrêter les hostilités. Ils se sont encore entendus pour mettre fin aux groupes dits "incontrôlés" qui continuent à perpétrer des massacres malgré la signature de plusieurs cessez-le-feu.

"Nous avons décidé d’oublier les éléments qui, hier, constituaient les raisons du rejet politique mutuel. Nous avons également étudié les mesures pour ramener la paix totale dans cette région et participer à la gestion du pays," a déclaré à IRIN Lubanga à la suite de l’audience avec le président Joseph Kabila.

"Nous avons convenu avec le président de faire passer en premier lieu l’intérêt commun du peuple congolais, à savoir la réunification du pays. Hier, nous étions dans des camps diamétralement opposés. Le gouvernement avait pour allié Mbusa Nyamwisi du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML) que nous avons chassé. Nous, nous avions le RCD-Goma pour allié. Nous avions, sur le plan international, des alliances opposées. Le tout justifiait une guerre entre nous," a ajouté Lubanga.

A l'occasion de la rencontre avec le président Joseph Kabila, tous les groupes armés ont eu l'occasion de s'entretenir séparément avec le chef d'Etat.

"Nous sollicitons que nos troupes soient intégrées dans la nouvelle armée réunifiée", a déclaré le général de division Jérôme Kakawavu Bakonde, le commandant du groupe dénommé Forces armées du peuple congolais (FAPC).

"Nous voulons aussi être associés à la gestion du pays à travers les institutions de la transition," a indiqué pour sa part Floribert Ndjabu Ngabu, le leader du Front des nationalistes intégrationnistes (FNI). Ce mouvement, dominé par les Lendu, est accusé d’avoir perpétré
les récents massacres de 30 et 150 personnes dans des localités environnant la ville de Bunia.

Ndjabu a démenti ces accusations en les attribuant à "des massacres inter-villages n’engageant nullement son mouvement".

Le gouvernement n’a pas annoncé de décision concrète à l’issue de ces tractations.

"Il y aura des solutions aux niveaux politique et de l’armée," a simplement affirmé le ministre de la défense nationale Jean-Pierre Ondekane, issu du principal mouvement rebelle, le RCD-Goma.

Jean-Pierre Ondekane a néanmoins précisé que "nous ne pourrons pas violer la constitution en ajoutant des postes qui n’y figurent pas".

Le ministre de l'intérieur Theophile Mbemba, issu de l’ancien gouvernement, a de son côté affirmé :

"Nous les avons écoutés pour examiner leurs points de vues. Les ministres responsables vont faire des propositions. C’est vrai que nous n’allons pas les gratifier pour les massacres qu’ils ont perpétrés. Il y a des problèmes mais il convient de les aborder avec sérénité. Le gouvernement a pris un certain nombre de décisions dont le déploiement de la police nationale intégrée et des unités combattantes et la réhabilitation de la justice. L’autorité de l’Etat sera restaurée. S’ils ne saisissent pas l’occasion qui leur est donnée de rejoindre le processus de réunification de notre pays dans le respect de la constitution, ils seront considérés comme des ennemis de la République", a-t-il expliqué à l'IRIN.

Les groupes armés de l’Ituri n’ont pas pris part au dialogue inter-congolais et ne participent donc pas au gouvernement d'unité nationale.

La présidente de l'Assemblée intérimaire de l'Ituri, Petronille Vaweka, a néanmoins déclaré "qu'il y [avait] plusieurs manières de les associer. Il y a les provinces et les autres niveaux de l’administration et aussi les entreprises d’Etat".

Malgré les perspectives d’intégration de ces groupes armés dans le processus de transition William Swing, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan au Congo a prévenu que "les dirigeants des groupes armés en Ituri seront redevables devant la justice des violations répétées des droits de l’Homme et des massacres des populations civiles observées à Bunia et dans le reste de l’Ituri".

Les affrontements inter-ethniques en Ituri ont provoqué plus de 50.000 morts et 500.000 déplacés depuis 1999.

La force multinationale intérimaire d'urgence "Artémis", dirigée par la France, avait été déployée en Ituri en juin à la suite de violents combats en avril. La force avait pour mandat de sécuriser la ville de Bunia et son aéroport jusqu'au premier septembre.

Artémis sera remplacée par la task force de la MONUC dont le mandat a été renforcé par la résolution 1493 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Sa mission sera d'assurer la protection des civils sur tout le district de l’Ituri et dans l’Est de la RDC. La résolution, votée sous le chapitre sept de la charte des Nations Unies autorise le recours à la force pour remplir le mandat onusien.








This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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