La CEDEAO, institution régionale sous l'égide de laquelle se déroulent depuis deux mois les pourparlers inter-libériens de paix, a annoncé qu'elle ne sera pas en mesure d'obtenir un accord de paix samedi, comme elle l'escomptait.
"La cérémonie de signature d'aujourd'hui est hors de question ", a confié à IRIN une source proche de la CEDEAO [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest] dans la capitale ghanéenne.
"Les deux groupes rebelles, Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et le Mouvement pour la démocratie au Liberia (MODEL), ont demandé plus de temps pour examiner le projet d'accord ", a-t-elle précisé. "Nous pourrons peut-être le signer lundi ", a ajouté la source.
Les rebelles insistent encore pour obtenir de hauts postes, notamment la vice-présidence du pays et la présidence du parlement. " Une section des rebelles du LURD a réitéré cette demande vendredi, en dépit du fait que leur chef, Sekou Damate Konneh, avait assoupli la position du groupe à ce sujet ", a appris IRIN d'une source diplomatique.
"Ce groupe a été soutenu par des rebelles du MODEL", a affirmé la source, notant néanmoins que " cela ramène tout à la case départ ".
Les chefs d'Etat des pays membres de la CEDEAO avaient pourtant bien spécifié qu'aucune des parties belligérantes ne devait occuper de hauts postes tels que la vice-présidence du gouvernement intérimaire et la présidence du parlement.
Mardi, des représentants du gouvernement, du LURD et du MODEL s'étaient réunis pour discuter du partage du pouvoir.
Il a été convenu, à l'issue de cette réunion, que les belligérants disposeraient de quinze portefeuilles ministériels et que les six autres iraient aux formations politiques et aux groupes de la société civile.
"Mais certaines personnalités clé se sont rebiffées contre cet arrangement et exigent maintenant la vice-présidence, la présidence de l'Assemblée législative, ainsi que certains portefeuilles ministériels sensibles tels que ceux de la Défense, des Affaires étrangères et le Bureau des Affaires maritimes dans le gouvernement de transition ", a poursuivi la source de la CEDEAO.
Les principaux acteurs du conflit libérien, le président Moses Blah, le chef du LURD, Sekou Konneh, et celui du MODEL, Thomas Nimely Yaya, se trouvaient à Accra pour assister à la signature de l'accord, qui devait effectivement mettre fin à près de quatorze années de guerre civile au Liberia.
Jacques Paul Klein, Représentant spécial du Secrétaire-Général de l'ONU au Liberia, est également arrivé à Accra samedi dans le cadre des négociations de paix.
Dans le même contexte, les responsables de la CEDEAO ont commencé à faire circuler samedi le nouveau projet d'accord global entre les diverses parties prenantes participant à la conférence de paix.
"Dès que toutes les parties auront signé l'accord, l'élection du président du gouvernement de transition suivra immédiatement ", a déclaré à IRIN une source près la CEDEAO.
Le président Moses Blah doit céder le pouvoir le 14 octobre au gouvernement de transition qui dirigera le pays pendant une période de deux ans.
D'autre part, à Monrovia, la capitale libérienne, quelque 110 militaires nigérians supplémentaires sont venus renforcer samedi les premiers éléments du contingent nigérian d'un peu moins de 800 soldats arrivés de la Sierra Leone.
Ces soldats nigérians de maintien de la paix constituent l'avant-garde d'une force de paix ouest-africaine, appelée ECOMIL, dont le dispositif total atteindrait 3 250 hommes. Les Nigérians sont appuyés par 200 Marines débarqués d'une force navale américaine stationnée au large de la côte libérienne.
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