Selon le porte-parole du Ministère de la Justice, 16 soldats et 38 civils ont été relâchés à Abidjan samedi dernier. La plupart avait été arrêté après l'éclatement de la guerre civile en septembre 2002, tandis que d'autres se trouvaient en détention depuis les troubles liés aux élections présidentielles de septembre 2000.
Nombre des amnistiées sont membres du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti d'opposition d'Alassane Ouattara, qui avait trouvé refuge à l'Ambassade de France au début des combats, et qui s'est ensuite exilé en France.
M. Ouattara, un originaire du Nord, qui a servi comme Premier Ministre sous le premier Président de Côte d'Ivoire Felix Houphouet Boigny, n'avait pu poser sa candidature aux élections présidentielles de 2000 au motif qu'il n'était pas Ivoirien.
Au nombre des personnalités du RDR libérées ce week end, figurent Ahmed Bassam, le premier responsable de ASH, compagnie chargée du ramassage des ordures et du nettoyage des rues d'Abidjan, et Ali Kéita, responsable des relations publiques du RDR.
La loi d'amnistie couvre tous ceux qui ont porté atteinte à la sûreté de l'Etat depuis les présidentielles de 2000, et, ouvre la voie à la réintégration, sans préjudices, des policiers et soldats de la rébellion au sein des forces de sécurité.
Toutefois, les crimes économiques et les "sérieuses violations" des droits humains ne sont pas pris en compte par la loi. Les officiels du gouvernement ont précisé que ceux qui ont été responsables de tueries en dehors des situations de combats, de viols et de pillages, devraient être passibles de jugement.
Bien que le gouvernement ait libéré les prisonniers politiques détenus au début de la guerre, l'échange des prisonniers de guerre avec les rebelles n'a pas encore eu lieu. Une source de la Force ouest africaine de maintien de la paix, dépêchée en renfort des troupes françaises qui veillent à l'observation d'un cessez-le-feu des parties en belligérance, a estimé que 200 personnes étaient concernées.
L'armée et les rebelles ont échangé les listes de détenus de guerre lors de la réunion du 29 juillet, qui ont cependant été rejetées parce qu’incomplètes. Le gouvernement y avait apposé 50 noms, tandis que les rebelles en avaient inscrit 44.
Les sources militaires ont admis que la question de la libération des prisonniers de guerre serait abordée au cours de la rencontre du 19 août d'un comité conjoint, formé du gouvernement et des rebelles.
Malgré l'absence de combats entre les deux parties durant les 4 mois écoulés, le processus de démobilisation et de désarmement progresse péniblement. L'adoption de la loi d'amnistie était supposée conduire les rebelles à démobiliser, désarmer et à permettre aux administrateurs du gouvernement de reprendre fonction dans les territoires sous contrôle rebelles.
Par ailleurs, les rebelles continuent de réclamer que les postes vacants des ministères de la Défense et de l'Intérieur soient pourvus par des candidats acceptables par toutes les principales factions politiques dans le pays avant qu'ils ne déposent les armes.
D'autre part, le Président Gbagbo a nommé six nouveaux membres en remaniement du Conseil Constitutionnel, dont la fonction est de valider l'éligibilité des candidats aux présidentiels. Des sources de l'opposition ont prétendu que le nouveau Conseil, dirigé par un magistrat, est entièrement composé de sympathisants du FPI, parti du Président.
Quoique le FPI soit le parti le plus largement représenté au Parlement, il fait partie du gouvernement de coalition de réconciliation nationale, qui inclut des figures de l'opposition et 9 ministres nommés par les rebelles.
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