Dans une lettre adressée au Sénat et communiquée à la presse mercredi, M. Obasanjo a indiqué que les circonstances économiques, politiques et sociales dont les mutins ont tiré profit existaient toujours dans ce petit Etat qui a accepté de partager avec le Nigeria les revenus des gisements de pétrole découverts dans leurs eaux communes.
Il a souligné la nécessité urgente pour le Nigeria de prendre des mesures afin de " consolider la sécurité " de M. de Menezes, qui se trouvait en visite dans la capitale nigériane, Abuja, lorsqu'il a été renversé le 16 juillet par des officiers militaires qui ont invoqué la pauvreté sévissant dans les deux îles de l'archipel ainsi que la corruption du gouvernement.
Il a regagné le pouvoir une semaine plus tard grâce à une médiation de représentants diplomatiques du Portugal et de plusieurs pays africains. M. Obasanjo a escorté en personne M. Menezes à Sao Tomé à bord de son avion présidentiel.
"Le Nigeria et la Sao Tomé-et-Principe sont sur le point de signer un accord militaire imminent ", a annoncé M. Obasanjo dans sa lettre au Sénat. "J'ai l'intention d'accélérer le processus de signature de l'accord pour mettre sur un même pied la sécurité mutuelle et l'intérêt national primordial du Nigeria et de Sao Tomé-et-Principe ", a-t-il ajouté.
Le Nigeria et la République de Sao Tomé-et-Principe ont convenu de partager, à hauteur de soixante pour cent pour le premier et de quarante pour cent pour la deuxième, les revenus issus de l'exploitation pétrolière conjointe d'une zone maritime commune. La signature de contrats de concessions de neuf gisements offshore avec des compagnies pétrolières internationales rapporterait une manne de 100 millions de dollars à Sao Tomé en 2004.
Ce montant équivaut à plus du double du budget annuel de l'ancienne colonie portugaise peuplée d'environ 170 000 habitants.
M. Menezes, un ancien homme d'affaires de 61 ans élu il y a deux ans, tente de former un nouveau gouvernement depuis son retour au pouvoir.
Son Premier ministre, Maria das Neves, a présenté sa démission qui a été rejetée. Plusieurs autres ministres ont néanmoins mis la clef sous la porte, notamment le ministre de la Défense et le ministre du Pétrole.
M. Menezes a attribué l'insurrection militaire aux grands espoirs suscités parmi ses concitoyens appauvris, par la découverte d'énormes potentiels de réserves de pétrole dès le début des opérations de forage l'an prochain.
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