1. Accueil
  2. Africa
  3. DRC

Neuf personnes massacrées en Ituri

Neuf civils ont été tués, mardi dernier, dans le village de Nyanda, situé à 20 km au Nord de Bunia, la principale ville de la région de l'Ituri, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo (RDC), a rapporté aujourd'hui la Monuc, l'actuelle mission des Nations Unies au Congo.

La Monuc et la force multinationale intérimaire d'urgence ont dépêché, ce mardi 5 août, une mission conjointe d'évaluation dans la localité de Nyanda, immédiatement après avoir reçu les renseignements concernant le massacre, a annoncé un communiqué de presse de la Monuc.

Un groupe de 150 personnes, accompagné des civils, a attaqué ce mardi vers 5h 30 le village de Nyanda et ses environs, selon les témoignages recueillis sur place par les membres de la mission d'évaluation.

L'attaque a été attribuée, selon des témoins, à des Lendu venus du village de Loga à l'est de Nyanda qui est sous le contrôle du groupe armé du Front national intégrationniste (FNI), a rapporté la Monuc.

Neuf personnes ont été tuées parmi lesquelles des femmes et des enfants. Un enfant blessé a été évacué sur Bunia par hélicoptère. Plusieurs maisons ont été incendiées et du bétail a été volé, a signalé à l'IRIN Leocardio Salmeron, le porte-parole de la Monuc à Bunia.

"La force Artémis [le nom de la force multinationale intérimaire d'urgence] a envoyé un hélicoptère sur les lieux même si cela ne relevait pas de son mandat. Les assaillants ont fui lorsqu'ils ont vu venir l'hélicoptère," a confié Salmeron.

Le mandat de la force multinationale est, en effet, limité à la sécurisation de la ville de Bunia et de son aéroport.

L'équipe d'évaluation de la Monuc et de la force intérimaire a été accompagnée d'un représentant des groupes Lendu, membre du mécanisme de vérification destiné à prévenir les affrontements entre groupes armés en Ituri. Ce système de vérification avait été signé le 23 juillet dernier à Bunia par l'ensemble des groupes armés de l'Ituri.

L'attaque de Nyanda fait suite à celles de Fataki et de Bule la semaine dernière et à celles de Tchomia, Kasenyi, Drodro, Nizi et de Largo en juillet dernier. Selon le témoignage des habitants, elles auraient toutes été perpétrées par des éléments du FNI, a rapporté la Monuc.

La tuerie de mardi dernier s'est déroulée après la visite de trois ministres du gouvernement transitoire, venus apporter, la semaine dernière, un message de paix et de consolidation du processus de réunification du pays. La délégation était composée de Théophile Mbemba Fundu, d'Antoine Ghonda Mangalibi et de Jean-Pierre Ondekane, respectivement ministres de l'intérieur, des affaires étrangères et de la défense.

La population locale, menée par quelques leaders d'opinion, avait hué les discours de certains ministres.

"La population avait l'impression d'avoir été longtemps abandonnée à son triste sort par le gouvernement de Kinshasa. Elle ne se sentait pas tellement concernée par les accords que l'on signait pour mettre un terme à la guerre alors que les multiples tueries continuaient en Ituri", a affirmé à l'IRIN, Labu Mbuba, un leader de la communauté Lendu.

Les membres de la délégation gouvernementale ont promis que les leaders des mouvements armés en Ituri seraient intégrés dans les institutions de la transition après que la question eut été étudiée à Kinshasa.

A l'occasion de leur visite, le ministre de la défense, Jean-Pierre Ondekane, avait appelé les différents groupes armés à rejoindre le processus de réunification du pays. "Dans le cas contraire ils devront être écrasés", a-t-il dit au cours d'un meeting à Bunia.

Le ministre des affaires étrangères, Antoine Ghonda, avait pour sa part déclaré, "la justice doit être restaurée et les auteurs des tueries ne resteront pas impunis".







This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join