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Libération de 90 soldats

Le gouvernement mauritanien a libéré environ 90 soldats dont 4 officiers supérieurs, qui avaient été arrêtés pour interrogatoire au lendemain de la tentative de coups d'Etat survenue le 8 juin, ont révélé des sources militaires.

Les soldats ont été libérés samedi, après avoir été disculpés de toute implication dans la tentative de renversement qui avaient abouti à deux jours d’intenses combats à Nouakchott, la capitale, ont confirmé les mêmes sources.

Sur les 150 suspects appréhendés après le putsch manqué, plusieurs douzaines devraient recouvrer la liberté cette semaine.

3 anciens officier de l'armée, soupçonnés de diriger le soulèvement contre le Président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, ont réussi à s'échapper. Cependant un lieutenant, qui s'était enfui au Sénégal, a été arrêté puis extradé le mois dernier vers la Mauritanie pour y subir un procès.

Le Président Taya a accusé les fondamentalistes de l'Islam de soutenir la tentative de prise du pouvoir. Durant les 3 derniers mois, son gouvernement a traqué les radicaux islamistes. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés et les forces de sécurité ont récemment tenté, à deux reprises, d'appréhender un imam à la mosquée Arafat de Nouakchott. A chaque tentative, la police en a été empêchée par les fidèles.

Samedi dernier, un groupe d'imams leaders et d'érudits musulmans en Mauritanie ont publié une déclaration commune qui a valeur de "fatwa", condamnant les vagues d'arrestations comme un affront à la justice et à la loi divine.

Par ailleurs, l'ancien Président Mohamed Khouma Ould Haidallah a annoncé qu'il se présenterait aux élections présidentielles du 7 novembre contre M. Taya, qui l'avait renversé par un coup d'Etat, il y a 19 ans.

M. Ould Haidallah est un ancien colonel de l'armée maintenant âgé de 63 ans, qui bénéficie d'un grand soutien parmi les leaders religieux musulmans, la communauté des affaires et la diaspora mauritanienne en Europe.

Il a conduit un gouvernement militaire de 1980 à 1984, dans cette nation désertique de 2, 5 millions d'habitants, et est largement considéré comme la tête émergeante des adversaires du Président actuel.

M. Taya, qui a servi comme Premier Ministre sous Ould Haidallah, avait engagé d'étroites relations avec l'Irak au début de son accession au pouvoir. Il s'en est toutefois détourné pour régulariser ses rapports avec l'Occident, suite à l'invasion brutale du Koweit par l'Irak en 1990. M. Taya a depuis lors cultivé des liens étroits avec les Etats-Unis, la France, ancienne puissance coloniale et Israël.

Malgré la légalisation des partis d'opposition 10 ans auparavant, il a continué à diriger la Mauritanie d'une main de fer.

Lors du lancement de sa campagne présidentielle le week-end dernier, Ould Haidallah a promis qu'il "offrirait une chance au pays pour une alternance démocratique et pacifique". Il a plaidé pour "mettre fin à l'exercice solitaire du pouvoir qui conduit à la grave crise que traverse la Mauritanie et qui a réveillé la désastreuse culture de Coup d'Etat."

En décembre 1980, presque un an après son arrivée au pouvoir, Ould Haidallah avait proposé une nouvelle constitution qui prévoyait un système multipartite, mais l'idée avait été par la suite abandonnée. Ould Taya a finalement instauré le multipartisme en 1991.

5 autres candidats aux présidentiels se sont déjà déclarés : il s'agit de Cisse Amadou Cheikhou de l'Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD), de Moulaye Hacen Ould Jiyid du Parti Mauritanien pour le Renouveau et la Construction (PMRC), et 3 autres candidats indépendants. Ce dernier lot inclut Aicha Mint Jeddana, la première femme ayant jamais prétendu à la Présidence dans ce pays conservateur, qui n'a aboli l'esclavage qu'en 1980.

L'économie se nourrit de l'exportation du fer extrait des mines du Nord, et des revenues de la pêche. Mais des espoirs de juguler la pauvreté rurale, dans laquelle vivent la plupart des Mauritaniens, se lèvent avec les récentes découvertes de gisement de pétrole.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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