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Les premières barges commerciales arrivent à Kisangani

La réouverture du trafic commercial sur le fleuve Congo a été marquée par l'arrivée, dimanche dernier, des premières barges commerciales à Kisangani, en présence de William Lacy Swing, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies.

Selon un communique de la Monucdu 4 aout, huit embarcations ont en effet relié, pour la première fois depuis l'installation du gouvernement provisoire, Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) à Kisangani, une ville dans le nord-est du pays autrefois contrôlée par l'ancien mouvement rebelle, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma).

L'opération a été initiée par la Fédération des entrepreneurs (privés) du Congo (FEC) en partenariat avec la Monuc, l'actuelle mission des Nations Unies au Congo.

Après 35 jours de navigation, 4.500 tonnes de produits, essentiellement de la farine, du sel, du ciment et des vélos pour une valeur totale de 10 millions de dollars US sont arrivés à bon port, a affirmé Jean-Marie Bamanisa, le vice-président de la FEC.

L'arrivée de ces cargaisons à Kisangani a été saluée par une foule en liesse en présence des autorités de la Monuc et des représentants de la FEC.

William Swing a exprimé sa satisfaction en évoquant "un moment important du processus de réunification physique et géographique de ce vaste et beau pays avec un impact psychologique et social pour les populations et qui va permettre la relance de l'économie".

La réhabilitation des voies fluviales est un défi majeur pour le nouveau gouvernement, "car la libre circulation des personnes et des biens est une partie essentielle d'un Etat de droit", a rajouté le représentant spécial.

Le vice-président de la FEC a, pour sa part, plaidé auprès du gouvernement provisoire pour une libéralisation des activités commerciales sur le fleuve qui nécessite une taxation unique émanant du seul gouvernement transitoire.

"Aucun octroi local ne sera plus toléré", a déclaré Jean-Marie Bamanisa.

Les différents mouvements rebelles prélevaient, en effet, des taxes pour "l'effort de guerre" dans les territoires relevant de leur contrôle avant la constitution d'un gouvernement d'union nationale le 30 juin dernier. La période transitionnelle doit mener la RDC à des élections libres et démocratiques dans deux ans.

Le représentant des entrepreneurs a encore demandé au gouvernement de prévoir un plan du type Marshal, afin de dédommager par des allègements fiscaux ou d'accorder des facilités pour permettre une bonne reprise des activités économiques.

"Nous estimons également que des mesures concrètes devront être appliquées pour le dédommagement des populations de Kisangani qui ont subi plusieurs affrontements armés et perdu des membres de familles, des maisons et autres biens," a-t-il dit.

La dégradation progressive des structures économiques puis le déclenchement de la guerre le 2 août 1998 ont provoqué la rupture du trafic commercial sur le fleuve. Un convoi, transportant 500 millions de tonnes de nourriture, était toutefois arrivé à Kisangani, le trois février dernier. Il était l'unique convoi commercial en cinq années de guerre.

Seuls quelques convois humanitaires avaient emprunté le fleuve pendant la guerre, quand ils n'étaient pas bloqués par des rebelles avant d'atteindre leurs destinations.

Si l'arrivée des barges commerciales marque une avancée sensible dans le processus du paix, le représentant spécial de Kofi Annan a néanmoins rappelé qu'il restait beaucoup à faire pour que la RDC retrouve sa stabilité.

Swing a aussi ajoute qu'il fallait " en particulier que cessent les combats inutiles et inacceptables entre Congolais dans l'Ituri et dans les Kivu et que les responsables gouvernementaux trouvent des solutions rapides et efficaces aux problèmes qui subsistent et notamment celui de la formation de l'armée et de la police".

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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