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Les cambrioleurs de pétrole siphonnent 300 000 barils par jour, affirme un gouverneur

Le Nigeria perd 300 000 barils de pétrole brut par jour au profit de cambrioleurs qui siphonnent le produit des oléoducs du Delta sur fleuve Niger pour le vendre sur le marché international, a affirmé un haut responsable public.

James Ibori, gouverneur de l'Etat du Delta, le plus touché par ce phénoméne, a déclaré à des journalistes à l'occasion d'une réunion traitant de la sécurité de l'or noir tenue entre les gouverneurs des 36 Etats nigérians et le président Olusegun Obasanjo, que le Nigeria perdait 3,5 milliards de dollars par an du fait de l'activité illégale de bandes de criminels très organisées.

Les multinationales pétrolières avaient estimé par le passé à 200 000 barils par jour le volume du pétrole brut perdu aux mains de ce qu'il est convenu d'appeler localement 'bunkering'. Toutefois, des officiels proches du ministère nigérian du Pétrole ont précisé que les chiffres fournis par M. Ibori incluaient également les pertes au titre de la distribution nationale des produits raffinés après le sabotage des oléoducs par les voleurs de pétrole.

Ce vandalisme des oléoducs a été à l'origine de plusieurs incidents d'incendies massifs ayant embrasé et tué des personnes pompant du pétrole de tels sites, qui ont fait plus de 2 000 victimes au cours des cinq années écoulées.

M. Ibori a indiqué que les enquêtes ouvertes par les agences de sécurité ont permis d'identifier certains individus et pays (qu'il n'a pas nommés) impliqués dans le commerce en tant que vendeurs et récipiendaires respectivement de pétrole brut et de produits raffinés illégalement acquis. Il a annoncé que le gouvernement allait remédier au problème " tant au niveau des vendeurs que des acheteurs ".

Des sources près de l'industrie pétrolière ont souligné que les individus compromis avec les 'syndicats' siphonnant le pétrole brut des oléoducs étaient hautement qualifiés, jouissant d'un savoir et d'une expérience considérables d'opérations pétrolières très techniques. " Certains d'entre eux sont des personnes ayant travaillé ou travaillant actuellement dans l'industrie ", a révélé à IRIN un responsable proche du géant pétrochimique Royal/Dutch Shell, qui pompe près de la moitié des deux millions de barils/jour produits par le Nigeria et qui a informé qu'il perdait 100 000 barils par jour.

Selon d'autres sources, il s'avèrerait que les bandits concernés agissent souvent avec l'accord secret des agences de sécurité et d'officiers supérieurs de la marine de guerre, qui font le nécessaire pour escorter les barges utilisées pour aller chercher le pétrole brut jusqu'à des vaisseaux et des citernes plus volumineux attendant en mer. Parmi les destinations, les sources ont mentionné des raffineries sur la côte de l'Afrique de l'Ouest, ainsi que des acheteurs sur les marchés de l'énergie disponible.

Le gouvernement de M. Obasanjo a augmenté en juin les prix des carburants à la pompe, invoquant entre autres raisons la nécessité de contrecarrer la contrebande du pétrole nigérian vers des pays voisins où les prix sont beaucoup plus élevés. M. Obasanjo avait également souligné la nécessité d'économiser les 2 milliards de dollars annuels fournis sous forme de subventions pour le carburant, dans le but de les investir dans les services sociaux.

Les détracteurs ont accusé son gouvernement de ne pas en faire assez pour lutter contre la corruption, notamment contre la contrebande du pétrole et des produits dérivés, au sein de l'industrie pétrolière pour épargner encore plus d'argent.

"Le gouvernement ignore les allégations concrètes de contrebande massive du pétrole brut et la corruption entourant la gestion du pétrole destiné à la consommation domestique ", a déclaré dans un communiqué vendredi le Comité pour la défense des droits de l'Homme. "Pourtant, si on empêche cette fuite, on pourra générer autrement plus de fonds pour le développement qu'avec la taxe punitive imposée aux Nigérians ".


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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