1. Accueil
  2. West Africa
  3. Liberia

Taylor accepte l'asile au Nigeria

Le président libérien Charles Taylor a accepté dimanche de quitter son pays et d'aller en asile au Nigeria. Il a néanmoins réitéré son exigence préalable, à savoir de " quitter le pouvoir en bonne et due forme ", et a appelé les Etats-Unis à diriger une force de paix internationale au Liberia.

Sans fournir de date pour son départ, M. Taylor a déclaré à la presse, à l'issue d'un entretien avec le président nigérian Olusegun Obasanjo dans la capitale libérienne Monrovia, qu'il désirait que les soldats de la paix veillent à ce que le Liberia ne soit pas plongé dans le chaos.

M. Taylor, entièrement drapé de blanc, a indiqué: "Ils [Nigeria] nous font l'invitation. Nous l'accueillons et l'acceptons. Nous invitons les Etats-Unis à arriver en force et à assister au rétablissement de la paix au Liberia."

"Nous pensons néanmoins qu'il n'est pas déraisonnable de demander une sortie du pouvoir en bonne et due forme", a ajouté M. Taylor. "Nous parlons de la démarche nécessaire pour prévenir le chaos et la rupture au Liberia".

Cependant, et première indication sur les projets de M. Taylor, le commandant des forces armées terrestres, le général Roland Duo, a indiqué aux journalistes que M. Taylor avait officiellement informé l'armée de s'attendre à un nouveau gouvernement le 15 juillet.

M. Obasanjo, debout à côté de M. Taylor dans des habits flottants, a déclaré aux journalistes que bien qu'il ait offert l'asile au dirigeant libérien, il n'accepterait pas d'être 'harcelé' à ce sujet.

"Nous avons fait une invitation au nom du gouvernement et du peuple du Nigéria pour que le président Taylor vienne au Nigeria. La condition est que le Nigeria et moi-même ne soyions pas harcelés par qui que ce soit ou par quelque pays que ce soit pour avoir fait ce geste humanitaire, un geste qui nous est bien nécessaire si on veut résoudre le problème dans ce pays".

La pression visant à une démission de Taylor n'en continue pas moins. Le président américain George Bush, cité par des agences de presse internationales, aurait affirmé samedi dans une intervention à la radio qu'il fallait que M. Taylor s'en aille. " Et je ne prendrai pas un 'non' comme une réponse", a insisté M. Bush à la veille de son départ pour une tournée en Afrique.

Le général Duo a affirmé : "Nous ne sommes pas intéressés maintenant par une poursuite des combats ou pour gagner davantage de territoire, mais d'attendre les soldats de la paix auxquels nous remettrons les armes. Le président nous a informés qu'à partir du 15 juillet, il y aurait un nouveau gouvernement intérimaire ".

M. Taylor a également donné l'ordre de payer à chaque soldat de l'armée régulière libérienne une " indemnisation d'adieu " de 11000 dollars libériens (environ 200 dollars américains).

Samedi soir, M. Taylor s'est réuni avec de hauts membres de son parti politique et leur a annoncé qu'il allait tenir compte de l'appel du président Bush de quitter le pouvoir. " Je ne souhaite pas entrer dans une confrontation avec l'Amérique qui est le pays le plus puissant du monde ", selon des sources qui citaient M. Taylor.

Il a répété ses demandes faites au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, associé à l'ONU, de lever son inculpation pour crimes contre l'humanité. M. Taylor a été inculpé en mars pour des crimes présumés commis durant les dix ans de guerre en Sierra Leone.

D'autres sources au cabinet de M. Taylor ont confié à IRIN qu'il a nettoyé son bureau samedi après-midi, devant ses collaborateurs politiques. Tard dans la soirée, un avion à réaction a transporté ses biens personnels de l'aéroport international du Liberia.

En Allemagne, un officiel a informé qu'une équipe d'experts militaires américains prendrait l'avion pour le Liberia dans le but d'y évaluer la situation dimanche avant de décider si les Etats-Unis vont engager des troupes de maintien de la paix au Liberia.

" Nous constituons une équipe d'enquête sur l'assistance humanitaire qui partira pour le Liberia aujourd'hui", a indiqué à Reuters John Tomassi, porte-parole du commandement américain en Europe à Stuttgart.

"Ce sera sans doute une équipe de dix à quinze personnes. Nous sommes encore en train de rassembler l'équipe. Dès qu'ils seront tous regroupés, ils décolleront", a annoncé M. Tomassi. "Il s'agit d'une équipe d'assistance humanitaire, qui fera un compte-rendu de la situation de sorte que les commandants puissent prendre de meilleures décisions pour l'étape suivante".

Des sympathisants de M. Taylor ont organisé une manifestation pacifique à l'extérieur de l'aéroport de Monrovia avant l'arrivée de M. Obasanjo. Il portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Après le départ de notre Président, quel est notre avenir? " et "Gouvernement américain, s'il te plaît, dis-nous quel sera notre futur en l'absence du Président Taylor".

Monrovia était calme dimanche pour le septième jour consécutif, après qu'une trêve intervenue entre les combattants de Taylor et les rebelles cherchant à la destituer, ait réinstitué le cessez-le-feu du 17 juin. Les rebelles qui, il y a deux semaines, étaient arrivés aux portes de la ville, ont déclaré qu'ils se repliaient pour prévenir une catastrophe humanitaire et pour permettre la poursuite des pourparlers de paix en cours.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join