L’officier français chargé de la logistique de la Force à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda, le colonel Denis Koehl, a indiqué qu’environ 400 soldats français seraient à Bunia, dans le district de l’Ituri, d’ici le milieu de cette semaine. Il a précisé que 350 autres soldats demeureront dans le secteur militaire de l’aéroport international d’Entebbe.
Les troupes françaises, ainsi que leurs équipements et subsistances, sont d’abord transportés à Entebbe, avant d’être conduits, dans des avions plus petits, jusqu’au minuscule aéroport de Bunia.
"L’état de la piste de l’aéroport de Bunia rend extrêmement compliquée une opération d’une si grande envergure. La rapidité de déploiement des troupes est donc déterminée par le petit nombre de rotations pouvant être effectuées sur la piste de Bunia", dit-il.
La France doit fournir la moitié des 1400 à 1500 soldats de la Force multinationale qui sera déployée à Bunia. M. Koehl a ajouté qu’une escouade de reconnaissance française de 10 à 15 personnes se trouvait déjà à Bunia, et que de 40 à 50 personnes, surtout du personnel de l’armée de l’air, devaient arriver lundi à Entebbe.
Le journal Monitor de Kampala a révélé qu’une soixantaine de soldats de l’armée de l’air et responsables des services de renseignements canadiens étaient arrivés à Entebbe samedi, où ils ont été accueillis par le chef des services de renseignements militaires de l’Ouganda, le colonel Noble Mayombo. Le quotidien a précisé que les Canadiens procureraient un soutien technique à la Force multinationale. L’Afrique du Sud a aussi annoncé dimanche qu’elle fournirait des troupes pour la Force multinationale de même que pour la Mission de l’ONU en RDC (MONUC), a rapporté l’AFP, citant les propos du ministre sud-africain aux Affaires provinciales, Sydney Mufamadi. Par ailleurs, le Centre de Nouvelles ONU annonçait vendredi qu’au moins cinq soldats britanniques étaient venus en reconnaissance à Bunia avec les Français, pour évaluer les conditions pratiques de la participation de leur pays à la Force multinationale.
Cette Force dirigée par la France n’effectuera des opérations qu’à Bunia, et non dans le reste du district de l’Ituri. L’ambassadeur français en Ouganda, Jean-Bernard Thiant, a soutenu que ceux qui critiquaient cette restriction avaient mal compris le but de la mission.
"Le mandat des troupes est de sécuriser Bunia et son aéroport, pour permettre le passage sans danger de l’assistance humanitaire vers les personnes déplacées qui se trouvent dans des camps à Bunia", a indiqué M. Thiant. "Nous ne sommes pas ici pour désarmer les milices, ni pour empêcher les combats dans l’ensemble de l’Ituri. Ce qui se passe à l’extérieur de Bunia est un gros problème, nous en convenons. Mais il faudrait plus de 1500 soldats pour s’attaquer (à ce problème)".
Il a aussi précisé que la Force multinationale ne se rangerait du côté d’aucune des parties si des combats éclataient à nouveau à Bunia. "Notre travail consiste simplement à maintenir la paix, par notre présence ici", dit-il.
Par ailleurs, des organes d’information ont signalé le retour à un calme relatif à Bunia à la suite des violents combats marqués par des échanges de tirs, samedi, entre les miliciens Lendu qui attaquaient la ville, et les combattants Héma qui la contrôlent.
"Des centaines de gens transportant matelas, marmites et casseroles, sont retournés nerveusement dans leurs foyers" dimanche, selon l’agence Associated Press.
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