Les affrontements se sont produits entre le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma) soutenu par le Rwanda et le RCD-kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML), alliés à Kinshasa, à environ 140 km au nord de Goma, dans la région de Mbingi.
La MONUC a lancé un appel aux belligérants pour qu'ils respectent leurs engagements en faveur d'une cessation des hostilités dans le cadre d'un accord de paix global signé en avril à Pretoria, en Afrique du Sud.
Pour leur part, les deux mouvements rebelles se sont mutuellement accusés d'avoir engagé la bataille pour prendre le contrôle de la région.
« Les combats ont duré jusqu'à ce matin, » a déclaré mercredi à IRIN Lambert Mende, porte-parole du RCD-K/ML. « Nous avons repoussé une offensive du RCD-Goma soutenu par l'APR [Armée patriotique rwandaise], et leur avons fait subir beaucoup de pertes. Cependant, Mbingi est encore menacé par le RCD-Goma et les Rwandais ».
Il a déclaré que le RCD-K/ML a capturé des soldats rwandais, et les
présentera jeudi aux médias à Kinshasa, capitale de la RDC. Il a allégué que le Rwanda a utilisé ses prisonniers hutus accusés de génocide - qui ont été libérés de prison et incorporés dans les rangs de l'APR - pour cette attaque.
« 90 pour cent des soldats que nous avons capturés répondent à cette
description, » a-t-il ajouté.
Le porte-parole du RCD-Goma, Jean-Pierre Lola Kisanga, a déclaré que le
mouvement a repoussé l'attaque lancée par les forces de coalition des
troupes du gouvernement et par les combattants Interahamwe transportés
depuis Mbuji-Mayi sur des avions appartenant à Uhuru Airlines. Les
Interahamwe sont des milices ethniques en grande partie responsables du génocide d'environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés politiquement au Rwanda en 1994.
Lola Kisanga a déclaré que le RCD-Goma a tué 18 soldats des forces de
coalition et en a blessé grand nombre, mais n'a eu dans ses propres rangs que trois blessés et aucune perte humaine.
Le RCD-K/ML a démenti une alliance avec les Interahamwe, mais a reconnu qu'elles étaient alliées à Kinshasa.
« Tout le monde sait qu'il y a des officiers des FAC à Beni, mais pas plus de 200. Ce sont des instructeurs militaires qui ne participent pas aux
affrontements, c'est nous qui sommes sur la ligne de front, » a expliqué
Kolosso Sumahili, secrétaire général du RCD-K/ML.
Les deux camps ont reconnu que leurs troupes ont utilisé des armes lourdes,
provoquant la fuite des habitants de la ville. Néanmoins, aucun bord, ni
même la MONUC, n'a pu fournir de chiffres quant au nombre de déplacés.
Le RCD-Goma a accusé le gouvernement de Kinshasa d'avoir violé le cessez-le-feu par son soutien au RCD-K/ML.
Parallèlement, le RCD-K/ML a accusé le RCD-Goma de violer les accords
conclus à Harare et Kampala qui ont reconnu la région de Mbingi comme étant sous le contrôle du RCD-K/ML lorsque ces accords ont été signés.
La MONUC avait auparavant confirmé que le RCD-Goma avait lancé une offensive militaire en avril, au cours de laquelle elle a capturé Bunyatenge, Muhanga et Mbingi.
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