La frontière a été fermée au lendemain de la mutinerie de l'armée le 19 septembre 2002 en Côte d'Ivoire. Depuis le début de la crise, les forces rebelles contrôlent le nord, bloquant le passage routier et ferroviaire au port d'Abidjan, par lequel transitait le gros du commerce extérieur du Burkina Faso, un pays enclavé.
Jeudi, les chefs des états-majors ivoiriens et burkinabè de la Défense et de la sécurité, réunis pendant deux jours dans la capitale du Burkina, Ouagadougou, ont fait des recommandations visant à " mettre sur pied le long de la frontière commune, et à graduellement consolider des systèmes de prévention, de surveillance et d'alerte ", selon un communiqué.
Mais avant la mise en œuvre de leurs recommandations, celles-ci devront d'abord recueillir l'approbation de leurs deux gouvernements. Le Burkina Faso compte envoyer une délégation à Abidjan dans les quinze prochains jours pour une réunion de suivi.
"Les recommandations que vous avez formulées, si elles sont approuvées par les autorités, doivent être appliquées sans délais pour qu'il soit possible de reprendre les activités économiques et commerciales entre les deux pays ", a déclaré le chef des états-majors conjoints du Burkina, le colonel Aly Traoré. "Ce ne sera qu'à partir de ce moment là qu'on pourra dire 'mission accomplie' ".
Les principaux axes à sécuriser englobent Gaoua, au sud-ouest du Burkina, jusqu'à Bouna, dans l'est de la Côte d'Ivoire; et Banfora, au Burkina Faso, jusqu'à Ouangolodougou, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Les véhicules se déplaceront d'abord en convois sur ces axes, mais la situation fera l'objet d'un examen périodique.
"Un réseau de communication sera mis en place entre le centre de commande qui administrera le système de sécurité en Côte d'Ivoire et celui du Burkina Faso", a expliqué le lieutenant-colonel Yao Yao Jules, porte-parole de la délégation ivoirienne. "La situation économique exige que nous sécurisions la frontière rapidement ". Des discussions du même ordre, a-t-il annoncé, auront lieu avec la Guinée et le Mali.
La réouverture de la route commerciale vers le Burkina Faso est aussi supposée aider les pays voisins enclavés, le Mali et le Niger, qui comptent habituellement sur Abidjan pour le transit de leur commerce extérieur. Les trois pays sont impatients de récupérer les dizaines de milliers de tonnes de marchandises bloquées depuis huit mois dans le port.
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