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Les diverses factions réitèrent leur engagement pour la paix en Ituri

Après une semaine d'affrontements
acharnés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), cinq
mouvements armés impliqués dans des combats autour de la ville de Bunia ont signé vendredi un accord en vue de cesser les hostilités et de relancer le processus de paix en Ituri.

Selon les termes de cet accord, les cinq parties s'engagent à observer un
cessez-le-feu immédiat et à mettre en oeuvre le processus de cantonnement de
leurs troupes. Elles ont approuvé la proposition de déploiement d'une force
internationale d'intervention.

Cet accord s'est conclu à l'issue d'une semaine de combats intenses entre les milices ethniques Lendu et Hema survenus à Bunia dès le retrait des troupes ougandaises de la ville. Les organisations humanitaires ont fait savoir que les combats ont fait des centaines de morts et provoqué la fuite de dizaines de milliers d'habitants.

Les belligérants ont également accepté de démilitariser les zones fortement peuplées et de «créer et maintenir les conditions nécessaires » permettant aux organisations humanitaires d'opérer.

En outre, dans ce que les observateurs voient comme un avertissement au Rwanda et à l'Ouganda, les pays étrangers ont été priés de retirer leur soutien auprès des différents mouvements armés dans le district de l'Ituri au nord-est de la RDC dont Bunia est la ville principale.

Les cinq partis impliqués dans les négociations sont : le Parti pour l'unité et la sauvegarde de l'intégrité du Congo (PUSIC), le Front des nationalistes et des intégrationnistes (FNI), les Forces populaires pour la démocratie au Congo (FPDC), les Forces armées du peuple congolais (FAPC) et l'Union des patriotes congolais (UPC). Ont également participé à ces
pourparlers les membres de la Commission de pacification de l'Ituri ainsi que des représentants du gouvernement de la RDC et des Nations Unies.

Les observateurs et les parties intéressées ont salué cet accord mais ont insisté sur l'importance de déployer rapidement une force internationale pour lutter contre l'insécurité dans la région et empêcher que l'accord ne devienne lettre morte.

Le général de brigade Kale Kaihura, commandant des troupes ougandaises qui
ont quitté Bunia et représentant de l'Ouganda pendant les négociations s'est félicité du fait que l'ONU ait « enfin réagi » mais déplore le fait de ne pas avoir été entendu plus tôt.

« Pourquoi ont-ils attendu qu'il y ait des morts avant de faire quelque
chose ? Ce n'est qu'après les crises que l'ont voit les gens réagir, »
a-t-il lancé.

Evoquant l'énorme pression dont il a fait l'objet pour retirer ses troupes,
M. Kaihura a prévenu la population des risques potentiels que posera le vide du pouvoir, après le retrait des troupes ougandaises.

Le président de la RDC, Joseph Kabila, qui a rencontré individuellement chaque partie au conflit au cours de ces deux journées de pourparlers, a indiqué qu'il espérait que les groupes respecteraient les accords et que la
force internationale arriverait rapidement pour « cesser les massacres ».

Il reste néanmoins des points à éclaircir quant à la mise en oeuvre de l'accord. Selon la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), les forces doivent rester cantonnées dans « leur propre siège » et les débats continuent sur la question de leur emplacement. Ils ont cité l'exemple de l'UPC, mouvement qui contrôle actuellement Bunia et qui estime avoir établi son siège dans cette
ville, s'arrogeant ainsi le droit d'y rester.

Confirmant ces doutes, le chef de l'UPC, Thomas Lubanga, a déclaré à la
presse, à l'issue de la cérémonie, que ses troupes « ne quitteraient pas
Bunia, qu'elles contrôlaient la ville, qu'elles y étaient responsables du maintien de la paix et qu'on leur avait donné le droit de rester ».

Malgré son arrivée tardive jeudi soir, M. Lubanga a démenti les allégations selon lesquelles il aurait montré des réticences à signer ce nouvel accord.

«Je n'ai jamais refusé de participer à un forum, quel qu'il soit, qui
puisse apporter la paix à Bunia, » a-t-il dit. « Je suis heureux de cette
signature et j'espère que toutes les parties respecteront cet accord. »

Les petites factions se sont également déclarées prêtes à la paix et souhaitent être intégrées dans l'armée congolaise, mais ont accusé l'UPC de M. Lubanga d'être le principal obstacle au règlement du conflit.

« Le problème va au dela du conflit des Hema et des Lendu. C'est une
question politique, l'UPC voulant séparer l'Ituri du reste de la RDC, » a déclaré jeudi le président du FNI, Ndjabu Ngabu.

Quant à la force d'intervention internationale, bien que rien ne soit encore confirmé, Behrooz Sadry, représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU en RDC, a indiqué à IRIN que la force serait vraisemblablement de la taille d'un bataillon renforcé (au moins 750 soldats) et que son arrivée «n'était plus une question de mois, mais plutôt de semaines ».

« Nous espérons que le cessez-le-feu sera maintenu jusqu'à ce que les
modalités de ce nouvel accord soient finalisées sur place, » a-t-il indiqué
vendredi.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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