Thiam Aziz, directeur général de la Société internationale de transport africain par rail (SITARAIL), filiale d'une compagnie française des chemins de fer, a annoncé qu'un train d'inspection était revenu à Abidjan après un périple de six jours à travers le territoire sous contrôle des rebelles et jusqu'à la frontière burkinabè.
"La mission de reconnaissance est terminée, pour nous c'est une nouvelle page qui s'ouvre dans le livre de l'histoire de Sitarail, car une évaluation rapide des dégâts indique que les trains de fret seront en mesure de reprendre bientôt, avant la fin mai'', a-t-il déclaré aux journalistes au moment où les trois locomotives diesel désolidarisées faisaient leur entrée en gare d'Abidjan.
Gontran Guié, le président du syndicat des cheminots était d'accord avec lui. "A part les câbles de téléphone à fibre optique, qui sont cassés à certains endroits, il n'y a pas beaucoup de dégâts sur la ligne ", a-t-il précisé.
Le chemin de fer transporte normalement la majeure partie des importations et des exportations du Burkina Faso, ainsi que les importations du pétrole des pays voisins, le Mali et le Niger, mais les services ferroviaires ont été interrompus sur les 638 km de rail de la Côte d'Ivoire depuis qu'une guerre civile y a éclaté en septembre dernier. Les forces rebelles occupent la moitié nord du pays.
Les hostilités ont connu une accalmie depuis que le président Laurent Gbagbo a signé un accord de paix avec les rebelles en janvier dernier. L'accord a abouti à un cessez-le-feu et à la formation,
il y a un mois, d'un gouvernement de réconciliation nationale incorporant des représentants des rebelles.
La tension avec le Burkina Faso, soupçonné par M. Gbagbo d'appuyer les rebelles, a baissé à la suite de la visite à Abidjan il y a une semaine d'une délégation ministérielle burkinabè.
Un couvre-feu nocturne a été levé dans toute la Côte d'Ivoire en fin de semaine dernière, mais a été à nouveau imposé mardi dans deux districts agités de l'ouest du pays, où des hommes armés, qu'aucun des deux côtés ne contrôle, ont continué à s'attaquer à des villages et à tuer des paysans.
Le colonel Nestor Djido, un officier béninois de la force ouest-africaine de maintien de la paix composée de cinq nations et chargée de faire respecter le cessez-le-feu, a confirmé jeudi à IRIN que des représentants du gouvernement et des rebelles avaient encore l'intention de se rencontrer comme prévu, dimanche dans la capitale rebelle Bouaké, pour amorcer des discussions sur le processus de désarmement.
La reprise du trafic ferroviaire normal sera accueillie avec satisfaction par les 1 062 employés de SITARAIL, la plupart ayant été renvoyés chez eux sans solde depuis que les trains ont cessé leur activité.
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