Le porte-parole du ministère de la Défense, Philibert Browne, a déclaré que le corps de Bockarie a été transporté dans une morgue de la capitale Monrovia, et qu'il y serait exposé mercredi.
Le gouvernement avait annoncé auparavant que Bockarie a été blessé mardi matin dans un échange de tirs avec les forces gouvernementales libériennes alors qu'il essayait de franchir la frontière depuis la Côte d'Ivoire avec un groupe d'hommes armés.
"Le général Sam Bockarie et un petit groupe de gardes du corps a été repéré à l'aube mardi alors qu'il pénétrait au Liberia, en provenance de la ville frontalière de Bin-Houyé, en Côte d'Ivoire", a rapporté le gouvernement dans un communiqué citant des " sources du ministère de la Défense ".
Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, appuyé par l'ONU, a maintes fois accusé le président Charles Taylor de donner asile à Bockarie et à Johnny Paul Koroma, un autre fugitif recherché pour des crimes contre l'humanité commis durant la guerre civile en Sierra Leone dans les années quatre-vingt-dix.
Mardi soir, David Crane, le procureur du Tribunal, a demandé au gouvernement libérien de livrer à la Sierra Leone le corps de Bockarie pour une autopsie et une identification formelle. Il a également répété les accusations affirmant que M. Koroma se trouvait au Liberia et a demandé au gouvernement de l'appréhender et de l'extrader.
M. Crane a répété ses affirmations antérieures stipulant que M. Koroma était dans la région de Foya Kamala située dans le comté de Lofa au nord du Liberia, commandant une force composée de 3 000 hommes armés, favorable à M. Taylor et connue comme le Groupe spécial de surveillance.
Dimanche, il a proclamé que Bockarie était à Kahnple, dans le comté de Nimba, près de la principale route reliant le Liberia à la Côte d'Ivoire, accompagné de 40 à 50 combattants du Front révolutionnaire uni (RUF), le mouvement rebelle sierra léonais dont il était l'ancien chef de guerre.
Six autres personnes ont déjà été inculpées et arrêtées par le Tribunal spécial et attendent leur procès à Freetown.
Le communiqué du gouvernement libérien indique : " Les forces gouvernementales libériennes ont tenté de l'arrêter (Bockarie) et se sont heurtées à une forte résistance et il y a eu des morts des deux côtés. Des informations signalent que Sam Bockarie a été grièvement blessé dans les échanges de tirs".
Le communiqué n'apporte pas de précisions sur le bilan des morts et des blessés mais informe que " des ordres ont été donnés pour amener toutes les victimes à Monrovia pour identification et traitement ".
L'enquêteur principal du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, Alan White, avait menacé il y a une semaine d'inculper le président libérien d'" obstruction à la justice " pour avoir aidé et prêté assistance à des criminels de guerre, s'il refusait d'extrader Koroma et Bockarie.
Tôt mardi, M. Taylor a nié la présence des deux hommes au Liberia, indiquant néanmoins qu'ils seraient remis aux autorités de la Sierra Leone si on les découvrait dans son pays.
Commentant la situation militaire, il a déclaré dans une conférence de presse, " les forces gouvernementales sont sur le point de libérer le sud-est… les combats se poursuivent à Ganta (près de la frontière septentrionale avec la Guinée) ".
"La guerre bat son plein maintenant ", a-t-il ajouté.
M. Taylor a affirmé que certains de ses anciens adversaires comme Charles Zulu et Edward Slanger sont derrière MODEL, un nouveau groupe armé qui s'est emparé, la semaine passée, de la ville portuaire de Greenville, dans le sud-est du Liberia. Slanger a été grâcié par M. Taylor en mars 2003 après avoir été inculpé de trahison.
Evoquant les efforts internationaux tendant à amener le gouvernement et les rebelles à la table des négociations pour discuter d'un règlement pacifique, M. Taylor a annoncé :
"Nous appuyons le travail du Groupe international de contact sur le Liberia. Ce gouvernement continuera à approcher l'Union Africaine, ainsi que la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), pour trouver une solution africaine au problème du Liberia ".
Il a confirmé que rien ne changeait concernant l'organisation des élections présidentielles d'octobre prochain.
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