La recommandation de maintenir et de durcir les sanctions de l'ONU intervient après que le pays d'Afrique de l'Ouest ne se soit pas totalement conformer aux exigences du Conseil et qu'il ait continué à violer l'embargo sur les armes, a-t-il souligné.
Dans un communiqué séparé, l'ONU a indiqué que le comité d'experts avait découvert que des compagnies de bois chinoises étaient compromises avec le gouvernement et les rebelles armés libériens dans la violation de l'embargo sur les armes par l'entremise d'un réseau de trafiquants d'armes serbes utilisant de faux documents. Certaines compagnies ont livré des armes aux pays voisins, est-il précisé.
Les membres du Conseil, lors de l'examen des sanctions avant de prendre une décision formelle en vue de leur renouvellement ce mardi, ont exprimé leur grande préoccupation devant la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire au Liberia, ainsi que ses répercussions dans la sous région.
M. Akram a indiqué dans une déclaration qu'il y a eu une escalade de la violence qui affectait à présent chaque Libérien. L' ONU estime que plus de 200 000 personnes ont été déplacées à l'intérieur par les combats entre le gouvernement et deux mouvements rebelles qui ont désormais atteint la banlieue de la capitale Monrovia.
A l'issue d'un débat lundi sur le rapport concernant la situation dans le pays, soumis par le Secrétaire-Général de l'ONU le 22 avril dernier, les membres du comité des sanctions du Conseil de sécurité ont recommandé une extension des sanctions à l'égard du Liberia, imposées depuis deux ans. Le comité a également examiné le rapport du Groupe d'experts sur le Liberia, composé de quatre membres et établi en février pour réviser les sanctions imposées au Liberia en 2001.
Le groupe d'experts avait appelé à des pourparlers en vue d'un cessez-le-feu inconditionnel entre le gouvernement et tous les groupes rebelles armés. Il a aussi demandé de permettre un libre accès aux agences humanitaires. Marc Destinne de Bernis, le Coordinateur humanitaire de l'ONU au Liberia, a déclaré il y a une semaine qu'à cause de la guerre civile, les agences de secours n'ont pas été en mesure d'opérer dans plus de 70 pour cent du pays.
Les sanctions d'ores et déjà en vigueur incluent une interdiction des ventes illicites de diamants par le Liberia et un embargo sur les armes. Elles sont également assorties d'une interdiction de voyage des hauts responsables publics du fait du soutien présumé du Liberia aux rebelles sierra léonais.
Le comité d'examen des sanctions était présidé par l'expert sénégalais en aviation Atabou
Bobian. Les autres membres sont l'expert financier suisse Enrico Carish, un officiel de l'Interpol, Damien Callamand (France), et l'expert britannique en diamants, Alex Vines. Il a rapporté que l'Afrique de l'Ouest était inondée d'armes et a conclu qu'à la lumière des autres conflits dans la région, des sanctions uniquement contre le Liberia n'étaient pas suffisantes.
"Il faut réévaluer la base de l'imposition des sanctions contre le Liberia car la violence et le conflit se propagent dans toute la région et ne sont pas uniquement générés par des forces libériennes ", a-t-il relevé. " Une nouvelle approche exhaustive de la part du Conseil de la situation dans toute l'Afrique de l'Ouest est requise ".
La Côte d'Ivoire a sombré dans une guerre civile l'an dernier et la Sierra Leone émerge de dix années de conflit interne, avec l'aide d'une force de maintien de la paix de l'ONU composée de 15 000 hommes.
L'organisation Human Rights Watch (HRW) a exhorté le Conseil de sécurité à maintenir l'embargo sur les armes contre le Liberia. L'organisation a également recueilli des informations sur de nombreux abus contre les civils commis aussi bien par le gouvernement que par les groupes rebelles. Il s'agit entre autres d'exécutions sommaires, de recrutement d'enfants, de violence sexuelle, de pillage de possessions civiles et de travail forcé. Des combattants libériens et sierra léonais ont également été impliqués dans de sérieux abus dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a invité le gouvernement libérien à fournir des garanties de sécurité avant que l'agence reprenne la distribution de l'aide alimentaire aux réfugiés et aux personnes déplacées dans des camps près de Monrovia.
Justin Bagirishya, le directeur du PAM au Liberia, a indiqué lundi qu'il existait un lien entre la distribution des vivres et les attaques perpétrées par des hommes armés dans les camps étaient liées. "A la suite d'un violent assaut contre un camp, les réfugiés seraient forcés de fuir, abandonnant les vivres récemment distribués, qui seront saisis par les combattants armés ", a-t-il expliqué dans un communiqué. "Au début de cette année, les camps de Jah Tondo, Ricks et Wilson Corner ont été attaqués avant et pendant une distribution alimentaire ".
[Les rapports du Secrétaire-Général et du comité d'experts (documents S/2003/466 et S/2003/498) sont disponibles sur le site: http://www.un.org/Docs/sc/]
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