Cette entente entre le Gouvernement de transition et la faction de Pierre
Nkurunziza, du Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces
pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), est survenue à l'issue du 19e sommet régional sur le Burundi. Les adversaires semblent être parvenus à un compromis sur les questions militaires et politiques qui demeuraient en suspens. Celles-ci bloquaient les pourparlers et menaçaient l'ensemble du processus de paix.
Après la signature de l'accord, le président burundais, Pierre Buyoya, et M. Nkurunziza ont réaffirmé leur engagement à voir cet accord complètement mis en œuvre, mettant ainsi un terme à cette guerre débutée en 1993.
Les détails disponibles sur l'accord demeurent encore fragmentaires.
Toutefois, un diplomate ougandais proche des négociations a révélé que cet accord - le premier que les médiateurs sud-africains aient obtenu avec une importante faction rebelle Hutu - a été conclu à condition que l'armée gouvernementale et le CNDD-FDD conservent leurs armes pendant qu'une nouvelle armée nationale sera créée.
Lorsque cette armée sera constituée - divisée à proportions égales entre
Tutsis et Hutus, à tous les échelons -le désarmement des forces restantes
pourra alors aller de l'avant. Les observateurs se sont toutefois montrés plutôt surpris face à de telles dispositions.
"M. Buyoya ne pourra jamais être d'accord pour désarmer l'armée", a déclaré à IRIN un analyste de Bujumbura. "L'armée représente la question la plus explosive et, s'il accepte un compromis, la situation est telle qu'un coup d'État risque fort d'avoir lieu".
Le communiqué rendu public à l'issue du sommet, qui énonce les aspects
politiques de l'accord, indique que le CNDD-FDD "prendra part aux
dispositions de partage du pouvoir du Gouvernement de transition" et
"deviendra un parti politique, conformément à la nouvelle loi s'appliquant aux partis politiques".
Plusieurs détails relatifs à ces aspects politiques doivent encore être réglés par les deux parties. Par conséquent, des observateurs se disent déçus que l'on n'ait pas fait davantage pour résoudre les questions en suspens durant le sommet, plutôt que d'attendre qu'elles soient solutionnées plus tard.
A un certain moment, lundi, après que le président ougandais, Yoweri
Museveni, ait félicité toutes les parties et alors que la cérémonie initiale de signature allait commencer, le CNDD-FDD a réclamé que l'on réexamine le document de cessez-le-feu. Soutenant qu'une clause en avait été retirée sans son consentement, le mouvement rebelle a insisté pour que le document soit
réécrit.
M. Museveni a alors procédé à la clôture du sommet, en lançant une
invitation à mettre un terme aux guerres "sans fin" et "sans principe" en Afrique. Il a aussi déclaré qu'il revenait à la fois aux peuples des pays impliqués et au continent dans son ensemble, de mettre fin aux souffrances qui résultent de ces conflits.
Malgré l'optimisme suscité par la conclusion de l'accord de cessez-le-feu, des observateurs signalent que son exécution pourrait encore faire surgir des problèmes, en raison du fait que les signataires ne sont parvenus à cette entente qu'à la suite d'"énormes pressions".
"(Lors du précédent accord d'Arusha), les choses se sont passées de la même
façon. Les gens en sont venus à pressentir qu'ils devaient signer, à cause des pressions et du besoin de bien paraître. Il en résulte que les gens ne croient pas en ce qu'ils signent", a confié un observateur.
L'accord de cessez-le-feu, qualifié par le médiateur des pourparlers, le
vice-président sud-africain Jacob Zuma, de "nouvelle victoire pour
l'Afrique", a été accompagné de sévères avertissements sur l'imposition prochaine de sanctions contre le Parti pour la libération du peuple Hutu -
Force nationale de libération (Palipehutu-FNL), l'autre groupe rebelle Hutu, dirigé par Agathon Rwasa, et qui ne s'est pas encore associé au processus de paix.
Lors du sommet précédent, en octobre, un ultimatum a été lancé au Palipehutu-FNL pour qu'il signe un cessez-le-feu dans un délai de 30 jours. Plutôt que de signer un tel accord, le mouvement a intensifié les combats.
"J'implore le Palipehutu-FNL de cesser ce qu'ils font", a déclaré M.
Museveni, mardi. "La région ne le tolérera plus. Nous sommes maintenant sur le point d'imposer des sanctions contre le Palipehutu-FNL. Il s'agira de sanctions robustes, qui les convaincront de ne plus causer de troubles".
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