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Les pacifistes s'unissent pour éviter une guerre civile

Les groupes de la société civile en Côte d'Ivoire s'unissent pour éviter une guerre civile, avec l'appui de la communauté internationale.

Le Collectif de la Société Civile pour la Paix, inauguré ce mardi, projette de "mener une grande campagne de sensibilisation, à travers le territoire national, pour prévenir et contenir les conflits d'ordre ethnique ou religieux", a déclaré le groupe dans une déclaration en faveur de la paix.

Des centaines de personnes sont mortes, les dégâts matériels ont été considérables et l'économie s'est fortement ralentie comme conséquence de la crise socio-politique la plus grave de l'histoire de la Côte d'Ivoire, a noté le Collectif. Il a averti que les choses risquaient d'empirer "si rien de décisif n'est entrepris, dès à présent, pour arrêter le déclenchement des hostilités ethniques ou religieux observées dans certaines régions du pays". Des enseignements pourraient être tirés, à cet égard, "de l'exemple infortuné "d'autres pays africains tels que le Burundi, le Rwanda et la Somalie, a préconisé le Collectif;

Une guerre d'insurrection a éclaté en Côte d'Ivoire 19 septembre dernier, après qu'une force incluant des anciens membres de l'armée ivoirienne ait échoué dans sa tentative de coup de force contre le président Laurent Gbagbo, mais a réussi en revanche à s'emparer respectivement de Bouaké et Korhogo, des villes du centre et du nord du pays. Un accord de cessez-le-feu signé par les insurgés et par les médiateurs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est entré en vigueur le 17 octobre, ouvrant la voie pour des pourparlers, la semaine dernière à Abidjan, entre les responsables ivoiriens et de la CEDEAO, suivis cette semaine par des négociations à Lomé, au Togo, entre les rebelles et les représentants du gouvernement.

La délégation des rebelles aux pourparlers, qui doivent débuter mercredi, comprend le secrétaire général de leur aile politique, l'ancien leader étudiant Soro Guillaume, ainsi que Tuo Fozié et Chérif Ousmane, les deux principaux porte-parole des mutins. Un officier supérieur, le Colonel Michel Gueu, ferait également partie de la délégation rebelle.

Le gouvernement sera représenté par une délégation dirigéee par le président du Conseil économique et social, Laurent Dona Fologo. La délégation comprend en outre des responsables de tous les partis représentés au sein du gouvernement de coalition de M. Gbagbo, des forces armées de l'Assemblée Nationale, de la gendarmerie, de la police et de la société civile.

En s'adressant à la délégation lundi, avant son départ pour la capitale togolaise, M. Gbagbo a expliqué les conditions des autorités étatiques préalables à des négociations. "Vous representez tout le peuple de la Côte d'Ivoire", a-t-il déclaré, "dites-leur ce que la Côte d'Ivoire dit... Les assaillants doivent déposer leurs armes. Nous voulons que l'intégrité de notre territoire soit respectée. Alors, et alors seulement, tout peut être discuté, tout peut être négocié".

En attendant la cessation des hostilités entre les deux côtés, la société civile vise à éviter un approndissement du clivage au sein de la société. Une guerre entre armées, quelles que soient les atrocités commises, peut éventuellement être contrôlée, mais une guerre civile entre groupes ethniques et religieux est incontrôlable et ses séquelles demeurent ancrées dans les esprits des gens, a indiqué le porte-parole du Collectif, Honoré Guié.

Le Collectif comprend le chapitre local de deux organisations internationales promouvant la démocratie - the Groupe d'Etude et de Recherche sur la Démocratie et le Développement social en Afrique (GERDDES-CI) et l'Association internationale pour la démocratie (AID-CI). Ses autres membres sont des chefs religieux représentant les Chrétiens, les Musulmans et les Bouddhistes, ainsi que les deux principales organisations des droits de l'homme du pays, the Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO) et le Mouvement ivoirien des droits de l'homme (MIDH).

D'après son porte-parole, Honoré Guié, il enverra des délégations comprenant six personnes (un prêtre chrétien et un musulman, et un représentant pour la LIDHO, le MIDH, le GERDDES-CI et et l'AID-CI respectivement, dans plusieurs parties de la Côte d'Ivoire, en commençant par les régions contrôlées par le gouvernement. Chaque équipe tiendra des réunions séparées avec les autorités administratives de la zone, et avec les chefs des communautés ethniques et religieuses, suivies par des réunions générales auxquelles participeront également les représentants élus locaux. Un comité de suivi composé de représentants communautaires se chargera enfin de la sensibilisation dans le but d'éviter tout conflit d'ordre ethnique ou religieux.

Le comité est appuyé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission européenne, le Canada et la Belgique. S'exprimant à leur nom, le Représentant Résident du PNUD, Mostafa Benlamlih a déclaré qu'ils étaient heureux d'appuyer l'initiative car "bien au-delà des solutions politiques, la paix réelle sera construite au sein des communités et par les individus".

"Au moment ou les contacts se poursuivent en vue d'une solution pacifique à la crise, vos efforts vont créer les conditions d'une paix durable", a-t-il affirmé.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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