Daloa est la troisième ville tombée aux mains des insurgés qui occupent Bouaké et Korhogo (dans le centre du pays) depuis septembre dernier. Les rebelles ont saisi Bouaké et une grande partie du nord du pays à l'issue d'un coup de force manqué visant à renverser le gouvernement le 19 septembre. Ils se sont déplacés en direction du sud et ont occupé Daola dimanche. L'armée a lancé une offensive dans cette ville lundi.
La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui n'a pas réussi à obtenir un cessez-le-feu il y a deux semaines, a dépêché à Abidjan une deuxième délégation à la fin de la semaine dernière pour négocier une solution pacifique au conflit. Cependant, les rebelles ont occupé Daloa alors que la délégation, dirigée par le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheick Tidiane Gadio, se trouvait à Bouaké pour négocier avec eux. Lundi, ils ont annoncé qu'ils suspendaient leur participation aux pourparlers, et ont affirmé que des troupes angolaises ont été déployées pour se battre aux côtés de l'armée régulière.
"Nous refusons toutes discussions jusqu'à ce que les Angolais, s'ils sont ici, s'en aillent », aurait déclaré lundi à Bouaké le commandant rebelle Tuo Fozié, cité par l'agence de presse Reuters.
Dans une intervention radiotélévisée lundi dernier, le président Laurent Gbagbo a informé que l'armée avait reçu un nouveau matériel militaire.
"Au début de l'offensive qui a été lancée contre nous, au début de cette sale guerre qui nous a été imposée, j'ai commandé un certain nombre d'équipements qui manquaient à notre armée, a déclaré M. Gbagbo lors d'un entretien télévisé transmis par la Radio Télévision d'Etat Ivoirienne. « Depuis trois jours, ces équipements arrivent".
Le conflit a déplacé des milliers d'Ivoiriens et d'autres ressortissants ouest-africains qui vivaient et travaillaient dans le pays. Le Bureau de l'ONU de coordination des affaires humanitaires a indiqué mardi que près de 200 000 personnes issues de Bouaké et de ses environs ont été déplacées et nécessiteraient une assistance humanitaire.
Le Programme alimentaire mondial a également annoncé mardi qu'il avait affrété au Burkina Faso des biscuits à haute teneur pour assister les travailleurs immigrés qui ont fui l'agitation en Côte d'Ivoire. Il a aussi envoyé des biscuits depuis le pays voisin, la Guinée, à la capitale administrative ivoirienne Yamoussoukro, au profit de milliers de personnes déplacées à l'intérieur. La ville est devenue un point de transit pour les personnes qui fuient Bouaké et Korhogo, des villes du nord.
Dans le même contexte, les combats à Daloa, située dans la plus importante zone productrice de cacao, ont fait s'envoler les cours mondiaux du cacao. Selon des informations diffusées par la presse, le prix du cacao a atteint lundi son niveau le plus haut depuis 16 ans, soit 2 300 dollars la tonne sur les marchés internationaux. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao.
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