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Une première mission inter-agences de l'ONU qui a évalué cette semaine la situation humanitaire dans les environs de Bouaké, une ville du centre de la Côte d'Ivoire, a révélé que, chaque jour, cent personnes au moins étaient déplacées par les combats entre les troupes loyalistes et les soldats insurgés.
La plupart des déplacés sont des femmes et des enfants. Ils arrivent à pied à Sakassou et Didievi, des villes avoisinantes, où ils sont assistés par des missionnaires catholiques et par d'autres organisations non gouvernementales.
Des dispositions sont prises pour les transporter plus au sud, vers la capitale administrative Yamoussoukro.
A la date de mercredi, il y avait 400 nouveaux arrivants à Sakassou et 720 à Didievi, ont déclaré à IRIN des travailleurs humanitaires à Yamoussoukro.
Les déplacés sont démunis, ont précisé les travailleurs humanitaires dans la première évaluation. A présent, les agents humanitaires se soucient davantage d'assurer une capacité suffisante pour répondre au nombre croissant des déplacés à l'intérieur, vulnérables.
La mission inter-agences d'évaluation humanitaire de deux jours a débuté jeudi à Yamoussoukro, à Bouaké et dans ses environs, a rapporté le Bureau de l'ONU de coordination des affaires humanitaires (BCAH/OCHA).
La mission, dirigée par le Bureau régional d'OCHA d'appui à l'Afrique de l'Ouest [OCHA's Regional Support Office for West Africa] est composée de l'UNICEF, du PAM, du HCR et de l'OMS.
Elle déterminera les modalités de distribution immédiate d'une « assistance cruciale, notamment dans les secteurs de la santé, de l'aide alimentaire, de la protection et des soins des traumatismes psychologiques aux populations affectées », a déclaré OCHA à Abidjan.
La mission s'inscrit dans le cadre de la collaboration entre la communauté humanitaire et le gouvernement à travers le Comité d'action humanitaire et de solidarité établi sous l'égide du ministère de la Santé, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, pour répondre aux besoins humanitaires des populations prises dans le conflit.
D'après OCHA, la famille de la Croix-Rouge et Médecins sans Frontières sont les seuls fournissant actuellement une assistance humanitaire de base aux populations à Bouaké, surtout pour ce qui a trait à l'accès aux services de santé.
Bouaké, la deuxième ville du pays, a été le théâtre d'affrontements acharnés entre l'armée ivoirienne et les militaires insurgés, en particulier depuis dimanche et lundi quand l'armée avait tenté de déloger les mutins.
Aucun combat n'a été signalé jeudi.
Les résidents demeurent cependant terrifiés.
La crise ivoirienne est survenue il y a trois semaines après que le gouvernement ait déjoué une tentative de Coup d'Etat le 19 septembre. Des assauts simultanés ont eu lieu à Abidjan, Bouaké et Sorhogo, dans le nord, mais les assaillants ont été vaincus à Abidjan.
Dans un point d'information mercredi, le Représentant permanent de la Côte d'Ivoire auprès de l'ONU, Philippe Djangone-Bi a déclaré à des journalistes à New York que les assaillants avaient des mobiles politiques.
Il a ajouté que le gouvernement attendait une nouvelle initiative du groupe de contact de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Toutefois, les agences de presse ont cité un commandant rebelle à Bouaké jeudi selon qui leur objectif était de forcer le président Laurent Gbagbo à démissionner et « ensuite nous allons organiser des élections libres et justes, puis nous quitterons le devant de la scène ».
D'autre part, l'agence de presse Reuters a rapporté jeudi qu'au moins 4 500 travailleurs immigrés ont fui les plantations de cacao du pays.
Quelque 2 800 se sont réfugiés dans une mission catholique à Duekoue, à 484 km à l'ouest d'Abidjan.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions