"Nous vivons une situation dramatique qui risque de faire déclencher une
guerre sans précédent entre des tribus et des familles poussées par le désir de vengeance", a déclaré le Révérend Nestor Salumu, président de la commission diocésaine locale Justice et Paix, dont les propos ont été rapportés mercredi par Radio Okapi, la station de radio de l'ONU.
La violence aurait atteint son paroxysme dans la capitale provinciale de Kindu, à quelque 1 200 kilomètres à l'est de la capitale de la RDC, Kinshasa. L'Agence de nouvelles du Service missionnaire (Misna) a annoncé que M. Salumu avait condamné les combattants du Rassemblement congolais pour
la démocratie (RCD-Goma), en raison des mauvais traitements qu'ils infligent sans relâche aux civils, particulièrement aux jeunes femmes.
Misna souligne par ailleurs que la famine, très répandue dans la région,
aggrave des conditions humanitaires déjà précaires et ce, malgré l'arrivée lundi à Kindu de produits de première nécessité, comme l'huile, le riz, les haricots et le manioc, et de la disponibilité de l'eau potable.
Misna signale en outre qu'une interdiction toujours en vigueur empêche les gens de quitter la ville sans l'autorisation du RCD-Goma.
Des sources locales ayant requis l'anonymat, pour des raisons de sécurité, ont déclaré mercredi à IRIN qu'un nombre incalculable d'exactions ont été perpétrées contre les civils soupçonnés de collaboration avec les milices congolaises Mayi-Mayi. Les sources en question ont identifié à cet égard les deux officiers militaires suivants du RCD: Bernard Biamungu, commandant de la 5e Brigade, ayant son quartier-général à Goma, et Gabriel Amisi, surnommé
Tango-Fort, chef adjoint du personnel de logistique de l'armée du RCD-Goma.
Ces deux hommes auraient été impliqués dans les tueries de Kisangani, en mai dernier, et sont soupçonnés de faire partie des meneurs de la violence qui afflige Kindu.
Les troupes de l'Armée patriotique rwandaise ont amorcé leur retrait de
Kindu le 17 septembre, en cédant le pouvoir au RCD-Goma, soutenu par le
Rwanda. Toutefois, il semble que les milices Mayi-Mayi aient tenté de tirer avantage du retrait de l'armée rwandaise, en attaquant les forces du RCD.
Les négociations qui ont eu lieu le 19 septembre entre le RCD et les forces Mayi-Mayi auraient par ailleurs échoué.
Le retrait de l'armée rwandaise fait suite à la signature d'un accord, le 30 juillet, par les présidents du Rwanda et de la RDC, Paul Kagame et Joseph Kabila, à Pretoria en Afrique du Sud. Par cette entente, le Rwanda s'engage à retirer ses troupes de la RDC. En échange, Kinshasa promet de prendre des mesures pour solutionner certaines préoccupations sécuritaires du Rwanda en RDC.
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