Le groupe a été constitué lors d'un sommet de la CEDEAO convoqué par le président en exercice de l'organisation régionale, le président Abdoulaye Wade du Sénégal, dans la capitale gambienne Accra dimanche. Ont participé à la rencontre plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, notamment le président ivoirien Laurent Gbagbo.
La CEDEAO a condamné le soulèvement que les autorités ivoiriennes ont qualifié de tentative de coup d'état manqué. La communauté a déclaré qu'elle ne souscrirait pas à un changement de régime par le renversement de gouvernements démocratiquement élus ou par le recours à des moyens inconstitutionnels.
La médiation était perçue comme la première option de l'institution régionale pour rétablir l'autorité de l'Etat, a ajouté la CEDEAO.
Le Ghana, la Guinée-Bissau, le Niger, le Mali, le Nigeria et le Togo sont supposés "établir un contact avec les assaillants, demander un arrêt immédiat des hostilités, ramener le calme dans les zones occupées et négocier un cadre général pour résoudre la crise », d'après un communiqué de presse émanant de la CEDEAO.
Le 19 septembre dernier, des hommes armés ont lancé des assauts simultanés contre des institutions clé de la sécurité à Abidjan et dans les villes de Bouaké et Korhogo en Côte d'Ivoire.
A Abidjan, ils ont attaqué le domicile du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation Emile Boga Doudou, et celui du ministre de la Défense et de la Protection civile, Moïse Lida Kouassi, au cours d'un soulèvement qui a fait des centaines de morts ou de blessés.
Au nombre des victimes, Doudou et l'ex-chef de l'Etat le général Robert Gueï, que le gouvernement accuse d'être l'instigateur du soulèvement.
Bien que les soldats loyalistes ont vaincu les assaillants à Abidjan, les villes de Bouaké et Korhogo ( à 350 km et 634 km au nord d'Abidjan respectivement) sont toujours sous le contrôle des insurgés à la fin septembre.
La CEDEAO a invité la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso à maintenir des relations de bon voisinage, en particulier après que la dernière tentative de putsch ait fait empirer des relations qui tournaient déjà au vinaigre ces derniers mois.
Les autorités ivoiriennes ont montré du doigt le Burkina Faso dans ce qu'elles ont décrit comme une tentative de coup d'état échouée, la quatrième depuis décembre 1999. Les responsables burkinabé ont nié toute implication du Burkina Faso.
Si la médiation échoue, la CEDEAO pourrait déployer une force d'interposition pour apaiser la situation. Chaque membre devra alors fournir entre 150 et 750 soldats, d'après le président sénégalais Abdoulaye Wade, cité par la BBC.
Les troupes occidentales, qui étaient arrivées en Côte d'Ivoire pour protéger leurs ressortissants, ont évacué les étrangers de Korhogo en fin de semaine dernière. Près de 300 étrangers ont été évacués par avion de cette ville du nord.
La semaine dernière, 1 200 étrangers ont été évacués de Bouaké. Le gouvernement français a accepté d'accorder une assistance logistique aux forces armées ivoiriennes.
Tandis qu'Abidjan, la capitale économique, retournait lentement à la vie normale ce lundi, Bouaké et Korhogo quant à elles affichaient une atmosphère « calme mais tendue ». Certains quartiers de Bouaké ont manqué d'eau pendant plusieurs jours, si l'on en croit des sources locales.
Dans les trois villes, les prix de certaines denrées, comme la viande, ont grimpé.
Un couvre-feu imposé à Abidjan le 22 septembre dernier a été reconduit jusqu'au 7 octobre. Il est en vigueur entre 20h et 6h TU. A Bouaké et Korhogo, un couvre-feu est en vigueur de 18h à 7h TU, ont déclaré à IRIN des sources locales.
Par ailleurs, l'organisation Médecins sans Frontières (MSF) a rapporté lundi qu'elle renforçait son équipe et ses programmes en Côte d'Ivoire. Une équipe d'urgence est arrivée la semaine dernière à Abidjan et une équipe chirurgicale y est attendue, apprend-on dans un communiqué de presse.
Un cargo devait également quitter la France lundi à destination d'Abidjan avec 10 tonnes de matériel médical, chirurgical et logistique, notamment des couvertures, des tentes et des bâches en plastique, a informé MSF.
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