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L'armée est jugée responsable du massacre d'Itaba

L'organisme de défense des droits de l'homme Amnesty International (AI)
révèle que le Gouvernement du Burundi a reconnu la responsabilité de l'armée dans le récent massacre de plus de 170 civils à Itaba, dans la province de Gitéga, au centre du pays.

Jeudi, depuis Bujumbura, la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, a déclaré à IRIN que le président Pierre Buyoya et le vice-président Domitien Ndayizeye, lui avaient tous deux confirmé que l'armée avait été jugée responsable (du massacre) à la suite d'une enquête menée par le ministre de l'Intérieur et par le chef d'état-major de l'armée.

MM. Buyoya et Ndayizeye lui ont également garanti que les responsables, notamment les officiers militaires ayant donné les ordres qui ont conduit à ce massacre, seraient "bientôt" inculpés, mais ils n'ont pas voulu préciser
quand, dit-elle.

"Toutes les victimes étaient civiles; des femmes et des enfants en faisaient partie", a confié Mme Khan, ajoutant que cela lui apparaît comme "une tuerie délibérée, commise de sang froid".

L'organisme burundais de défense des droits de l'homme Itéka a rapporté les propos du porte-parole de l'armée du Burundi, Augustin Nzabampema, indiquant que le massacre d'Itaba représentait "un acte isolé", qui ne saurait être endossé par toutes les forces armées.

M. Nzabampema aurait reconnu que l'armée avait commis "des erreurs
d'appréciation" et annoncé la tenue d'une enquête militaire judiciaire pour établir les responsabilités de chacun, toujours selon ce qui a été rapporté de ses propos.

Ce massacre est survenu le 9 septembre, mais son existence n'en a été rendue publique que plusieurs jours plus tard. "Certains, notamment des militants des droits de l'homme et des parlementaires, affirment que ce retard est attribuable aux efforts actifs de l'armée pour gêner les enquêtes (sur le massacre)", a déclaré Mme Khan à IRIN.

Elle a ajouté que l'accès au site de la tuerie était encore bloqué par
l'armée, qui prétend qu'elle ne peut garantir la sécurité des personnes se
rendant dans cette zone.

"Le massacre d'Itaba illustre bien les problèmes du Burundi; il ne s'agit que de la pointe de l'iceberg", assure Mme Khan, qui ajoute que le nombre de civils tués délibérément par l'armée s'est accru au cours des derniers mois.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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