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Offensive pour déloger les mutins

Les troupes loyalistes ivoiriennes ont lancé une offensive mardi pour déloger les soldats mutins de Bouaké, à 350 km au nord de la capitale économique, Abidjan, et de Korhogo, à 643 km au nord, tandis que plusieurs initiatives sous régionales ont été annoncées en vue d'apaiser la tension avec les voisins de la Côte d'Ivoire.

"Il a eu des tirs intensifs depuis plusieurs heures maintenant », a indiqué à IRIN une source mardi après midi. « Nous ne savons pas ce qui se passe car les habitants restent chez eux »

La radio officielle a rapporté mardi matin que les forces loyalistes étaient entrées à Bouaké. D'autres sources ont signalé des renforts militaires aux abords de la ville mais on craint pour la sécurité du ministre des Sports, Francois Amichia, encore détenu par les mutins.

Des sources à Ferkessedougou, à 50 km au nord-est de Korhogo, ont affirmé à IRIN par téléphone que les hostilités ont éclaté entre les mutins et les rebelles dans la ville mardi matin. Les mutins se dirigent vers la localité de Boundiali, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Korhogo, ont-elles précisé.

"La localité fourmille de soldats rebelles mais ils sont attaqués par des soldats loyalistes. Les combats sont acharnés », ont ajouté les sources.

Des soldats assurent la sécurité à l'aéroport de Yamoussoukro, 100 km plus loin, et s'apprêtent à évacuer près de 600 ressortissants français qui seraient bloqués à Bouaké.

Des diplomates à Abidjan ont déclaré que les Etats-Unis envisageaient d'envoyer des troupes pour assurer la sécurité de 160 enfants américains, dont l'âge varie entre l'âge de la maternelle et 12 ans, bloqués avec 40 autres étrangers dans un pensionnat international.

La chaîne de télévision américaine CNN a rapporté que 200 membres des Forces spéciales des Etats-Unis devraient atterrir jeudi en Côte d'Ivoire à bord d'un avion militaire.

Le Gabon a appelé à une réunion régionale, qui se tiendra jeudi à Marrakech, au Maroc, pour examiner la situation. Les présidents du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Gabon, du Mali, du Sénégal, du Togo et le roi Mohammed VI du Maroc, doivent y participer, de même que des représentants de la France et de l'Union africaine, d'après les médias.

Les diplomates ont indiqué à IRIN que l'une des inquiétudes majeures réside dans les représailles actuelles en Côte d'Ivoire à l'encontre des Maliens, des Burkinabé et des Libériens. La Côte d'Ivoire a montré du doigt des pays voisins qui auraient apporté leur appui à la mutinerie.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a également annoncé un sommet extraordinaire des chefs d'état de la région, prévu samedi à Dakar, au Sénégal. Il sera précédé par une réunion des ministres des Affaires étrangères de la CEDEAO.

"La Côte d'Ivoire traverse une grave crise politique depuis la tentative de coup d'état qui a fait de nombreuses victimes», a indiqué la CEDEAO dans un communiqué. « Les chefs d'état et de gouvernement examineront la situation qui prévaut en Côte d'Ivoire et les moyens de contribuer au rétablissement de la paix, de la stabilité, ainsi qu'au retour de l'ordre constitutionnel dans ce pays ».

A Abidjan, le calme a été rétabli mardi et la plupart des activités ont repris, mais des sources humanitaires ont affirmé que les représailles continuaient dans les faubourgs et que d'autres habitations ont été brûlées. Les premières évaluations des agences humanitaires se poursuivent et les agences de secours ont commencé à distribuer des vivres, des articles non alimentaires et des abris pour les déplacés.

Le soulèvement a éclaté jeudi dernier en Côte d'Ivoire. Le gouvernement a indiqué qu'il s'agissait en fait d'un coup d'état ourdi par l'ex-président, le général Robert Gueï.

Gueï figure parmi les 270 personnes tuées dans les affrontements entre les mutins et les forces loyalistes dans plusieurs villes ivoiriennes, mais les mutins gardent le contrôle de plusieurs villes du nord, notamment Bouaké et Korhogo.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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