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L'armée dément sa responsabilité dans le massacre de Gitéga

L'armée burundaise a démenti être responsable du massacre de plus de 170 personnes dans la province de Gitéga, au centre du pays. Elle affirme avoir été "délibérément mal citée".

Un porte-parole de l'armée, le colonel Augustin Nzabampema, a déclaré à IRIN vendredi que les combattants rebelles étaient "complètement responsables" du massacre survenu le 9 septembre. En outre, une déclaration d'un porte-parole du gouvernement, Luc Rukingama, assure que les autorités "démentent
catégoriquement les allégations de l'Agence France Presse (AFP)" qui
rapportait des propos de M. Nzabempema disant que "173 personnes sont tombées sous les balles des éléments de l'armée".

S'adressant à IRIN, M. Nzabampema a catégoriquement réfuté avoir admis la
responsabilité de l'armée. Ce sont les rebelles qui sont à blâmer, dit-il, parce qu'ils ont "abusé de la confiance des gens" en disant aux civils que les collines de Kanyonga et de Kagoma, dans la province de Gitéga, constituaient des zones de regroupement rebelle selon l'accord de paix d'Arusha.

"Nous avons attendu quatre jours avant de lancer les opérations, pour
permettre [aux civils] de quitter les zones de combat. La responsabilité de
leurs décès repose franchement sur les épaules des rebelles", ajoute M.
Nzabampema.

Il signale que la politique de l'armée considère que les gens doivent toujours s'enfuir lorsqu'ils voient des rebelles, ajoutant que l'armée prend soin de s'assurer qu'il ne reste plus de civils dans la zone avant d'intervenir. "S'il en reste quelques-uns, la nature des opérations change alors", a-t-il expliqué à IRIN. "Les façons de combattre les rebelles seulement, et les rebelles mêlés à des civils, ne sont pas les mêmes".

Jeudi, Tharcisse Ntibarirarana, le président de la commission chargée
d'enquêter sur le massacre, également gouverneur de la province de Gitéga, a annoncé que les résultats des investigations ont révélé que 173 personnes avaient été tuées (183 était le nombre initialement rapporté). Il a ajouté que les responsabilités étaient partagées entre les rebelles, qui ont trompé
les gens afin de les maintenir dans cette zone, et les civils eux-mêmes, qui n'ont pas tenu compte des appels à quitter les lieux.

Dans sa déclaration, le porte-parole du gouvernement, Luc Rukingama, signale que les tueries sont survenues au cours d'une opération militaire de grande envergure, sur les collines de Kanyonga et de Kagoma, contre un groupe
rebelle, le Conseil national pour la défense de la démocratie / Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD).

Il souligne que les victimes n'ont pas obéi aux appels lancés par
l'administration et les forces de l'ordre leur demandant d'évacuer les
lieux, et assure que les rebelles les avaient pris en "otages". "Les
victimes sont donc tombées les unes par balles ou bombes pendant leur fuite, les autres sont mortes dans des maisons brûlées ou pas", ajoute-t-il.

La déclaration précise que le Gouvernement s'engage à poursuivre les investigations dans un délai très court, dans le but de découvrir "la
vérité" sur les circonstances de la tuerie, et pour découvrir le pourquoi
"du silence" entretenu autour de ces tueries, qui n'ont été rapportées que
plusieurs jours après les faits. (Texte complet de la déclaration
gouvernementale sur http://www.burundi.gov.bi/actu/nouvelles.htm)

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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