Le vote de la haute chambre intervient un jour seulement après l'expiration d'un ultimatum de deux semaines imposé par la chambre basse, la Chambre des Représentants, stipulant que M. Obasanjo doit démissionner ou être mis en accusation.
Les deux chambres du parlement sont dominées par le Parti populaire démocratique, dirigé par M. Obasanjo.
Une motion introduite par le sénateur Jonathan Zwingina, du PDP, exhortant le sénat à agir, a été passée par 76 voix contre 5 dans la haute chambre législative composée de 109 membres. Les autres membres étaient absents ou se sont abstenus de voter. La motion accorde le pouvoir à un comité spécial du sénat pour qu'il serve de liaison avec la Chambre des Représentants dans la formulation des griefs contre le président.
"Nous jurons de respecter la Constitution et non de soutenir le commandant en chef… C'est le moment d'agir », a déclaré M. Zwingina .
Les représentants, qui se sont également réunis mardi pour débattre de leurs options après que M. Obasanjo ait fai fi de leur appel à sa démission, ont nommé un comité de sept membres chargé de formuler leurs accusations d'incompétence, de violations de la constitution et de corruption contre le président. Celles-ci seront présentées à la Chambre des Représentants lors de la reprise de sa session le 4 septembre.
Ces derniers événements se sont produits à l'issue d'une intervention radiotélévisiée du président Obasanjo dimanche, dans laquelle il a déclaré qu'il a survécu à la menace de mise en accusation, a remercié ses sympathisants et a décrit l'ultimatum de la Chambre des Représentants comme « une plaisanterie poussée trop loin ».
Le président du PDP Audu Ogbeh, qui a fortement appuyé M. Obasanjo dans son bras de fer avec la législature, s'est néanmoins dissocié du ton de l'intervention, en déclarant que celui-ci n'aidera probablement pas à cicatriser les plaies au sein du parti.
"Nous allons attirer l'attention du président sur ces commentaires… nous allons le faire formellement », a annoncé M. Ogbeh ce mercredi à des journalistes dans la capitale Abuja.
M. Ogbeh a indiqué qu'il était particulièrement préoccupé par le fait que la crise actuelle risque d'anéantir les chances du PDP, au pouvoir, aux élections générales prévues durant le premier trimestre de 2003.
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