A l'issue de pourparlers prolongés sous l'égide du médiateur et vice-président sud-africain Jacob Zuma, les deux groupes ont signé un document appelé "protocole d'accord", lundi après-midi, dans la capitale commerciale tanzanienne, Dar es Salaam.
Tandis que toutes les parties impliquées semblaient satisfaites de cette avancée, il reste à clarifier ce que la signature de cet accord signifie dans le cadre du processus de paix ou de la situation actuelle au Burundi, étant donné qu'une certaine confusion semblait régner sur son interprétation. M. Zuma, en revanche, n'avait aucun doute quant à sa signification. "La conclusion d'un accord de cessez-le-feu avec le CNDD-FDD [aile Ndayikengurukiye] fait progresser le processus de paix d'un pas vers l'instauration d'un accord de cessez-le-feu général englobant le gouvernement et les trois mouvements," a-t-il déclaré à des journalistes à l'issue de la brève cérémonie qui a marqué la signature de l'accord.
"Elle annonce aussi le début d'un important chapitre dans l'histoire de la guerre au Burundi, et elle concrétise l'espoir du peuple burundais et des populations du continent africain que l'Afrique se trouve désormais sur la voie de la paix et de la stabilité."
M. Ndayikengurukiye, pour sa part, a déclaré que l'accord "jetait les fondations pour la pacification du Burundi" et "apaisait les craintes de son peuple", jugeant prudent d'ajouter que "ce qui avait été signé n'était pas un accord de cessez-le-feu, mais un protocole d'accord entre deux groupes".
De même, Ambroise Niyonsaba, chef de la délégation gouvernementale, a indiqué à IRIN qu'il s'agissait d'une étape vers l'adoption du texte de cessez-le-feu et que l'accord lui-même ne serait pas signé avant le sommet régional prévu prochainement sur le Burundi.
Avant de quitter Dar es Salaam, M. Zuma a clarifié la situation concernant les autres groupes rebelles hutus participant aux négociations. "Les discussions et les consultations avec le gouvernement transitoire et le CNDD-FDD [aile Nkurunziza] ont bien progressé et de nombreux efforts sont mis en oeuvre pour résoudre les questions en suspens et parvenir prochainement à un résultat," a-t-il dit.
Sans élaborer sur la question de savoir si le blocage des discussions à propos de l'interlocuteur du groupe rebelle était en passe d'être résolue, il a ajouté que les négociations d'ordre technique se poursuivraient cette semaine entre l'aile de Nkurunziza et le gouvernement transitoire, et que les pourparlers de cessez-le-feu à proprement parler reprendraient à Dar es Salaam le 16 septembre.
Les médiateurs sud-africains ont également annoncé que le Parti de libération du peuple hutu-Force nationale de libération (Palipehutu-FNL), qui devait rejoindre les discussions ce week-end, n'avait pas pu arriver à temps et qu'il se rendrait cette semaine en Afrique du Sud pour des "consultations préliminaires".
Interrogé sur la question des différents prétendants au leadership du FNL, M. Zuma a refusé de s'engager sur le nom du représentant qui se rendrait en Afrique du Sud. "Nous avons rendez-vous avec le Palipehutu-FNL. Nous ne nous référons pas aux leaders mais à l'organisation. Lorsqu'ils viendront, nous verrons alors quelle est la délégation envoyée puisque, jusqu'à présent, ils ont envoyé différentes délégations," a-t-il précisé.
Toutefois, les analystes estiment la reconnaissance sud-africaine d'Alain Mugarabona en tant que chef de file "intérimaire" comme une possible source d'antagonisme risquant de conduire la majorité du groupe - toujours considérée sous l'autorité d'Agathon Rwasa - à tourner le dos au processus de paix et à intensifier sa campagne militaire.
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