Dans un document d’information intitulé ‘Liberia: Unravelling', l’organisation de réflexion sise à Bruxelles a signalé que la vraie question serait de savoir si la communauté internationale pourrait non seulement reconnaître ces signes mais également manifester la volonté d’entreprendre une action efficace en vue d’empêcher que la situation aboutisse à une violence de plus grande ampleur.
La guerre civile continue, mais sporadique en quelque sorte au Liberia (opposant les forces gouvernementale à celles des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD), est la manifestation la plus évidente de la crise actuelle, a affirmé l’ICG. Les deux côtés ont eu recours au pillage des civils et de l’aide humanitaire pour financer leurs opérations au cours des derniers mois », a-t-elle ajouté.
Les combats ont d’ores et déjà déplacés plus de 100 000 personnes à l’intérieur du Liberia et ont forcé 40 000 à 60 000 autres à fuir vers les pays voisins cette année, selon le document d’information.
Il a précisé que la situation économique restait bien sombre, avec un taux de chomâge élevé, tandis qu’une corruption galopante et un manque de confiance, compréhensible, des investisseurs internationaux, ne font qu’aggraver une situation déjà mauvaise. Beaucoup de Libériens estiment qu’ils amorcent une phase catastrophique d’urgence humanitaire héritée de la guerre civile de 1989-1997, a encore noté l’organisation.
Sur le front politique, l’opposition au président Charles Taylor est profondément divisée : alors que les opposants politiques clament que leur inefficacité découle entièrement de l’intimidation du gouvernement, leur approche va-tout ne semble pas être bien différente de celle du gouvernement actuel, d’après l’ICG.
L’approche internationale par rapport au Liberia exerce une pression considérable sur le gouvernement de M. Taylor sans établir pour autant un plan d’orientation claire concernant la réforme, le remplacement ou la collaboration avec ce gouvernement, a-t-elle relevé. « En bref, l’étrange position de la communauté internationale – qui ne s’emploie ni à confronter ni à destituer le président Taylor – a produit un gouvernement blessé qui est chaque fois plus désespéré, face à une guerre civile persistante et à une population générale préparée au pire ».
L’ICG argue qu’il faudrait que la communauté internationale arrive à une nouvelle clarté dans son approche du Liberia et qu’elle choisisse entre l’engagement et l’isolement.
"L’approche la plus prometteuse, bien qu’elle soit à l’évidence fortement controversée et qu’elle comporte quelques failles, serait d’arriver à une forme d’accord, directement avec le président Taylor, susceptible de lui assurer une sortie digne au terme de son mandat présidentiel en octobre 2003 – et un départ permanent de la scène politique – en échange de garanties quant à sa sécurité et d’une protection contre des poursuite de la part du Tribunal spécial pour la Sierra Leone, créé récemment », a suggéré l’ICG.
[Le document d’information est disponible à l’adresse:
http://www.crisisweb.org/projects/africa/westafrica/reports/A400741_19082002
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