Une motion adoptée à la majorité écrasante par les 360 membres de la chambre basse de la législature nationale, accusait M. Obasanjo de corruption, d’incompétence, de violation de la constitution et « d’incapacité à diriger l’Etat ». En conséquence, la chambre des représentants a recommandé au président de « démissionner dans la dignité… dans les deux prochaines semaines à compter de la date de cette motion ou d’être confronté à une mise en accusation ».
Pour que le président soit relevé de ses fonctions, la majorité des deux-tiers des deux chambres législatives doit appuyer la mise en accusation.
Cette décision est la dernière d’une série de rebondissements dans le bras de fer entre le président Obasanjo et la législature, une caractéristique dominante dans les derniers efforts du Nigeria vers la démocratie, qui a mis fin en 1999 à plus de 15 années de régime militaire. La dispute entre l’exécutif et le législatif a entravé l’exécution du budget 2002 et a paralysé la plupart des activités du gouvernement, ce qui a fait que les salaires des fonctionnaires publics n’ont pas été payés depuis plusieurs mois.
Bien que parrainée par le ‘All Nigeria People’s Party’ de Mohammed Kumalia (opposition), la motion a recueilli le soutien de la majorité des représentants du Parti populaire démocratique, au pouvoir, qui dispose de la majorité dans les deux chambres du parlement mais qui a été en proie à des guerres intestines pendant les trois années écoulées.
La chambre des représentants a interrompu ses vacances pour se réunir mardi afin de débattre de ce que ses membres considèrent comme des sujets d’importance nationale urgente.
Mais leur démarche a suscité une incertitude quant à la future orientation politique de ce pays de 120 millions d’habitants à la veille des élections générales cruciales de l’an prochain. M. Obasanjo aspire à être réélu.
Aucun gouvernement civil, depuis l’indépendance du Nigeria en 1960, n’avait organisé un transfert réussi du pouvoir à un successeur sans provoquer un chaos ou une intervention militaire.
Les espoirs de voir que les élections à venir seraient différentes ont été brisés par une violence politique accrue et par la confusion entourant les élections locales, ajournées à deux reprises. Initialement prévues en mai et reportées à août, les élections ont été à nouveau reportées à une date indéterminée à cause de l’incapacité de la commission électorale nationale de mettre à jour la liste électorale.
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