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Le RCD-Goma refuse de donner à Kinshasa carte blanche pour désarmer les Interahamwe

La relation est de nouveau très tendue entre le gouvernement de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), et la rébellion soutenue par le Rwanda, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), à propos cette fois de la liberté de mouvement accordée aux forces armées de Kinshasa sur le territoire contrôlé par le RCD-Goma pour désarmer les combattants hutus rwandais exilés.

L'accord signé mardi entre les gouvernements de la RDC et du Rwanda prévoit le désarmement et le rapatriement de ces combattants par le gouvernement de Kinshasa, en échange du retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.

"Nous ne laisserons pas les forces gouvernementales manoeuvrer sur le territoire qui est sous notre contrôle, à moins que cela se fasse dans le contexte d'une armée nationale comprenant des factions armées de tous les partis belligérants congolais [RCD-Goma, Mouvement de libération du Congo et Kinshasa]," a indiqué jeudi à IRIN Adolphe Onusumba, le chef de file du RCD-Goma, en réponse à une déclaration du gouvernement de Kinshasa estimant que la majorité des groupes armés rwandais devant être désarmés et rapatriés se trouvent en territoire contrôlé par le RCD-Goma.

"L'important est que le gouvernement ait reconnu pour la première fois depuis le début du conflit qu'il a sur son territoire des Interahamwe [milices hutues rwandaises impliquées dans le génocide rwandais de 1994, qui a tué quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés] et qu'il doit les désarmer et les livrer au Rwanda," a expliqué M. Onusumba.

"Ce n'est pas à nous de les désarmer puisque le gouvernement les a reconnus comme ses alliés," a-t-il ajouté.

Le Rwanda estime qu'environ 50 000 Interahamwe et membres de l'ancienne armée rwandaise (ex-FAR également impliqués dans le génocide de 1994) sont basés en RDC, tandis que la mission de l'ONU en RDC évalue leur nombre entre 8 000 et 15 000.

"Nous avons réuni à Kamina tous ceux [Interahamwe et ex-FAR] qui ont combattu à nos côtés, la majorité demeurant en territoire sous le contrôle du RCD-Goma et du Rwanda," a indiqué le ministre congolais des droits de l'homme, Ntumba Luaba. Environ 2 000 combattants ont été démobilisés et stationnés dans le camp militaire de Kamina, dans la province du Katanga, au sud-est du pays.

Le Rwanda, l'allié du RCD-Goma durant ces quatre dernières années de guerre en RDC, justifie sa présence sur le territoire congolais par la nécessité de poursuivre les Interahamwe et les ex-FAR.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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