Jean-Pierre Renson de la division d'urgence de la FAO a indiqué vendredi à IRIN que même si ces conclusions n'étaient pas représentatives de tous les quartiers de la ville, elles reflétaient probablement la situation des quartiers les plus pauvres de Kinshasa. Il a ajouté que des enquêtes du même type devaient être effectuées dans d'autres quartiers de la capitale ainsi que dans d'autres villes du pays.
L'apport énergétique moyen dans les deux districts étudiés est de 1 381 calories par jour alors que le minimum quotidien recommandé par les nutritionnistes pour permettre une vie active et saine est de 2 300 calories. La carence de 919 calories par jour représente une pénurie de 40 pour cent. Par rapport à la moyenne de 2 150 calories par jour et par personne dans la région sub-saharienne et la moyenne mondiale de 2 720 calories par jour par personne, cela représente des pénuries de 36 pour cent et 49 pour cent.
Côté protéines, la pénurie est encore plus impressionnante, puisque les habitants de Kinshasa en consomment en moyenne 33 grammes par jour et par personne, contre les recommandations journalières qui sont de 70 g.
La place importante du pain, du poisson, du lait et des tomates en boîte - des denrées qui doivent être importées de l'extérieur de la capitale - dans le régime alimentaire "indique le degré de vulnérabilité auquel sont exposés les habitants de Kinshasa", constate la FAO.
L'agence onusienne indique que la contrainte première des résidents de la capitale est "le pouvoir d'achat très faible" des ménages. Les dépenses moyennes par jour des ménages sont de 822 francs congolais, soit de 2,50 dollars (1 dollar = 320 francs). Cela équivaut par personne à 93,4 francs, soit 29 cents par jour. La FAO souligne que ces résultats correspondent au taux de chômage élevé de Kinshasa (22 pour cent) ou au sous-emploi dans le secteur traditionnel (33 pour cent).
La médiocrité de l'infrastructure des transports, le mauvais état des véhicules, la pénurie et le coût des pièces de rechange ont aussi largement contribué à la détérioration de la sécurité alimentaire à Kinshasa.
Le rapport constate également que la quantité annuelle de poisson pêché dans fleuve Congo à Kinshasa est tombée de 1 500 kg par pêcheur en 1991 à 675 kg en 2000; ceci est dû à la fois au fait que les pêcheurs ne peuvent se permettre d'acheter du matériel adéquat et que les ressources du fleuve sont surexploitées.
La taille moyenne d'un ménage à Kinshasa est de 8,8 personnes, une augmentation de 10 pour cent par rapport à l'année 2000. Ceci s'explique en partie par l'arrivée dans la capitale de populations fuyant les zones de conflit et la pauvreté dans les régions rurales, mais aussi par une croissance de la population.
La FAO, grâce au financement des gouvernements de la Belgique, du Japon et des USA, prévoit de distribuer des semences, des outils et du matériel de pêche à 13 500 foyers jugés à risque.
L'enquête de la FAO souligne également la situation dans la province du Kasaï Oriental, au centre de la RDC et dans la province méridionale de Katanga où, malgré une stabilisation des prix des denrées, une "pénurie alarmante" d'apports en calories et en protéines, due en grande partie au chômage, a été observée. La FAO se montre notamment préoccupée en ce qui concerne les centaines de milliers de personnes vivant dans les régions de Katanga rendues inaccessibles à l'assistance humanitaire par l'activité militaire continue qui y règne.
Pour obtenir une copie du rapport, contacter la FAO sur [email protected]
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