La communauté des organismes humanitaires, dit-il, demeure sur le qui-vive ce week-end dans la province de Ruyigi, à l’est, et dans les provinces de Rutana et de Makamba, au sud.
Les tensions se sont soudain intensifiées, le 6 juillet, lorsqu’environ 1500 miliciens ont attaqué le Ruyigi. La Radio-télévision nationale du Burundi, propriété de l’État, a rapporté que huit roquettes ont frappé la ville de Ruyigi. Les combats se sont intensifiés dimanche, entraînant dans la tourmente les communes de Nyabitsinda, Gisuru et Kinyinya. Jusqu’à 5 000 personnes auraient été déplacées.
"On ne peut pas évaluer actuellement le nombre des morts et des blessés", dit-il. "Nous continuons toutefois de recevoir des mises à jour régulières de notre représentant sur le terrain, à Ruyigi. Des mécanismes de coordination et des plans d’urgence sont en place pour venir en aide aux (personnes touchées), dès que les conditions de sécurité le permettront".
Les combats ont fait place à une accalmie, au milieu de la semaine, alors que les miliciens ont battu en retraite jusqu’aux montagnes Mpungwe, à douze kilomètres à l’est de Ruyigi. Toutefois, les milices se sont regroupées jeudi en vue d’une nouvelle attaque. Les plus récentes informations indiquent que les gens fuyaient la petite ville de Bisinde en direction de Ruyigi, signe que les milices gagnaient du terrain. Également jeudi, des miliciens ont forcé des enfants séropositifs à sortir de la fourgonnette qui les transportait de Ruyigi vers un hôpital de Butézi, où ils allaient subir des traitements médicaux. Les hommes armés ont alors incendié le véhicule.
"Les enfants ont été abandonnés sur place", d’ajouter M. McGowan.
Quelque 1 500 miliciens armés encerclent maintenant Ruyigi et occupent les localités de Rugango, Kigamba, Rugongo et Bisinde. Des couvertures et des articles alimentaires de base ont été distribués à Ruyigi, dont les habitants se disent prêts au cas où la ville serait assiégée.
Dans les provinces du sud
Plus au sud, dans la province de Makamba, la situation vécue cette semaine s’est révélée fort semblable. Makamba a été l’objet d’attaques nourries, dimanche. Le personnel international de Médecins sans frontière - France a été forcé d’évacuer sa base de Makamba, lundi, après qu’une roquette soit tombée à moins de 100 mètres de ses installations. Au milieu de la semaine, le gouverneur de la province a déclaré que 1 600 personnes déplacées avaient "terriblement besoin d’assistance". Les fonctionnaires provinciaux estimaient que jusqu’à 320 maisons ont été détruites, et signalaient que le vandalisme et le vol étaient très répandus.
Une reprise des combats a été signalée dans la commune de Gitanga, dans la province de Rutana. Dans ce cas, le gouverneur de la province évalue à 1000 le nombre des habitants déplacés dans la localité de Rutana et à 4 068 ceux se trouvant dans les collines environnantes. La radio d’État a rapporté vendredi que les rebelles se sont déplacés vers la commune de Ruaozu, dans la province de Bururi et qu’ils ont pilonné le village d’origine du président.
L’escalade des attaques des rebelles survient alors que les négociations entre des fonctionnaires tanzaniens et les FDD ont tourné à l’impasse, la semaine dernière. Les FDD, les Forces pour la défense de la démocratie, constituent l’un des deux groupes Hutu qui combattent le gouvernement de transition du président Pierre Buyoya. L’autre mouvement rebelle a pour nom les Forces nationales de libération.
A son retour de Durban, cette semaine, M. Buyoya a exprimé l’espoir que les pourparlers de cessez-le-feu se poursuivent, et qu’un sommet régional se réunisse à Dar es Salaam avant la fin du mois. Toutefois, les FDD ont rejeté jeudi la proposition du président.
Le gouvernement de transition est entré en fonction le 1er novembre 2001, à la suite d’un accord de partage du pouvoir signé par le gouvernement de M. Buyoya, par 17 partis politiques et par les membres de l’Assemblée nationale. Les FDD et les FNL ont toutefois refusé de participer au Processus de paix d’Arusha, ni aux Accords d’Arusha, qui en sont issus. On estime généralement qu’un accord de cessez-le-feu avec l’opposition armée constituerait une étape décisive pour atteindre une paix durable au Burundi.
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