"Je suis ravi de cette occasion qui m'est offerte de rentrer dans mon pays natal," a-t-il indiqué sur les ondes de Radio Burundi. "Que vais-je faire? Je ferai la même chose que vous. J'apporterai ma contribution, à mon niveau, pour une vie meilleure."
Selon les termes de l'accord d'Arusha signé en août 2000, a commenté un analyste du Burundi, tous les anciens présidents sont de facto membres du sénat, la plus haute chambre du parlement. L'analyste, qui a requis l'anonymat, a indiqué lundi à IRIN que les circonstances du retour de M. Bagaza constituaient un avantage pour cet ancien dirigeant militaire. "Il sait très bien exploiter les situations difficiles," a-t-il précisé.
La situation au Burundi est marquée par une économie en voie d'effondrement, une grève nationale des enseignants et une recrudescence des attaques rebelles le long des grands axes routiers et aux frontières orientales et méridionales avec la Tanzanie, a ajouté l'analyste. Les Tutsis, frustrés par la guerre que se livrent deux groupes rebelles hutus - les Forces nationales de libération et les Forces pour la défense de la démocratie - souhaiteraient un leader ferme tel que M. Bagaza, a poursuivi l'analyste.
"Si M. Buyoya ne reste pas au pouvoir et que la guerre continue, cela fournira à M. Bagaza une très bonne occasion de rallier tous les Tutsis, surtout les plus frustrés," a-t-il ajouté.
Pierre Buyoya dirige l'actuel gouvernement de transition inauguré le 1er novembre 2001 pour une période de trois ans au cours de laquelle les Tutsis et les Hutus se partagent le pouvoir. Il occupe la fonction de président durant les 18 premiers mois, puis il sera remplacé par un Hutu durant la seconde moitié de la transition.
M. Bagaza s'est emparé du pouvoir le 1er novembre 1976 à la faveur d'un coup d'Etat pacifique et il a dirigé le pays jusqu'au 3 décembre 1987, où il a été déposé par le major Pierre Buyoya alors qu'il se trouvait en visite à l'étranger. M. Bagaza s'est exilé en Libye puis de nouveau en Ouganda en 1998, après avoir été assigné à résidence par M. Buyoya suite à des accusations de complot en vue d'un autre putsch. Désormais de retour au Burundi, M. Bagaza sera gardé par des troupes sud-africaines.
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