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Les forages pétroliers dans l’est sont prêts à débuter en août

La société Heritage Oil a révélé qu’elle commencera en août des forages pétroliers dans un secteur se trouvant sous le contrôle d’un ancien groupe rebelle soutenu par l’Ouganda, le Rassemblement congolais pour la démocratie – Kisangani – Mouvement pour la libération (RCD-K-ML), dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

La firme canadienne Heritage a annoncé qu’elle travaillait sur ce projet depuis plusieurs mois, et dit avoir bénéficié de la "coopération très active" du gouvernement de la RDC. La société a déclaré qu’elle était "particulièrement honorée" qu’il s’agisse de la première entente commerciale du genre à toucher l’est du Congo depuis l’accord politique survenu à Sun City, en Afrique du Sud, entre le gouvernement congolais et des groupes jusqu’alors engagés dans la rébellion, entre autres le Mouvement pour la libération du Congo (MLC – dirigé par Jean-Pierre Bemba) et le RCD-K-ML (mené par Mbusa Nyamwisi).

La société Heritage a élaboré des plans ambitieux pour cette partie "difficile" de l’Afrique, pour ce que son PDG, Michael Wood, décrit comme un effort d’exploration d’"avant-poste". Les concessions pétrolières de la firme, qui couvrent des parties des provinces d’Ituri et de Butembo, s’étendent sur plus de 7,7 millions d’âcres (3,1 millions d’hectares). Du côté ougandais de la frontière, la firme Heritage dispose depuis 1997 d’une autre concession, appelée « Bloc 3 », couvrant un million d’âcres additionnels (404 700 hectares).

M. Wood a déclaré à IRIN que la société avait préalablement consulté "toutes les parties intéressées" opérant dans la région, notamment l’Ouganda. Selon lui, personne ne sait exactement combien de pétrole se trouve dans cette région de la RDC. Il a toutefois signalé que la société Heritage a déjà investi une somme considérable en travail technique et ce, sans obtenir à ce jour la preuve de la présence de pétrole en quantité permettant de l’exploiter commercialement.

Interrogé sur l’existence de conflits ethniques dans la région, il a répondu ce qui suit : "Nous n’avons fait l’expérience d’aucun combat, ni de problèmes de sécurité, depuis que nous avons commencé à travailler dans la région, en 1997". Il a ajouté que les notions mêmes de problèmes de sécurité ou de combats soi-disant reliés au pétrole n’étaient qu’une "absurdité".

La province d’Ituri, et notamment Bunia et ses environs, ont été le théâtre d’affrontements ethniques violents au cours des mois récents. Le commandant en exercice de la Mission de l’ONU en RDC, le général Mountaga Diallo, a déclaré à IRIN, le 10 juin, que l’ONU enquêtait à la suite d’informations voulant que jusqu’à 500 personnes aient été tuées lors d’accrochages opposant les Hémas aux Lendus.

"Il semble que la situation se détériore et je crains que le pire ne soit encore à venir", dit-il.

Dans un lettre adressée le 19 mars au Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, l’association Human Rights Watch exhortait la Mission de l’ONU en RDC à "envoyer immédiatement plus d’observateurs militaires et civils dans la province d’Ituri, déchirée par les luttes", soutenant que le conflit entre Hémas et Lendus avait déjà tué des centaines de civils et fait des milliers de déplacés.

Selon HRW, depuis le début du conflit entre Hémas et Lendus, en 1999, jusqu’à la spirale actuelle de tueries, "les luttes pour la direction au sein du RCD-K-ML, ainsi que les manipulations exercées par l’armée occupante rwandaise, se sont combinées pour entretenir le feu de la violence".

Plus tôt en juin, M. Diallo avait déclaré: "Il semble que des manipulations politiques se cachent derrière ces rivalités ethniques".

L’ONU et les associations de défense des droits de l’homme ont reconnu l’existence d’un lien entre, d’une part, l’armée ougandaise, et, d’autre part, l’exploitation des ressources extrêmement riches de la région, ainsi que l’orchestration délibérée de violences au sein de la population locale. Le premier rapport de l’ONU sur l’exploitation illégale des ressources naturelles, paru en 2001, indiquait que "des commandants de grades élevés de l’UPDF [Forces populaires de défense de l’Ouganda] ont avant tout utilisé le conflit entre Hémas et Lendus".

Le rapport ajoutait ce qui suit: "L’équipe (d’experts) a reçu des informations très fiables démontrant clairement comment le général Kazini et les colonels Kyakabale et Arocha ont aidé à fournir de la formation à diverses milices Héma et ensuite manipulé ces groupes pour qu’ils se battent les uns contre les autres".

L’équipe d’experts a conclu qu’il existait de "fortes indications" à l’effet que quelques éléments de l’UPDF avaient fait éclater la violence en vue de demeurer dans la région, dans une tentative pour contrôler les ressources qui s’y trouvent.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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