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A l'est, les rebelles expulsent trois fonctionnaires de l'ONU

Le rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), mouvement rebelle basé dans l'est de la République démocratique du Congo, a expulsé trois
fonctionnaires de l'ONU qui se trouvaient dans les régions contrôlées par le RCD, au motif que ces derniers ont fait montre d'hostilité à l'encontre du mouvement, a rapporté vendredi RTNC, la station de radio contrôlée par le RCD.

Vendredi, le belge Luc Henkinbrant, responsable du Bureau des Nations Unies
pour les droits de l'homme à Kisangani, a reçu l'ordre de quitter, dans les quarante huit heures, le territoire contrôlé par le RCD. M. Henkinbrant est accusé d'indiscipline et de mépris à l'égard de l'autorité du RCD. Samedi,deux responsables travaillant pour la Mission de la paix de l'ONU (MONUC),le français Lionel Gasparot, responsable de sécurité ainsi qu'une conseillère politique Magda Gonzales, ayant la double nationalité suisse et colombienne, ont reçu l'ordre de quitter le territoire pour avoir menacé la sécurité intérieure.

Le RCD a accusé M. Gasparot et Mme Gonzales d'intelligence avec un groupe
accusé d'avoir perpétré, le 24 mars dernier dans une église de Goma, une
attaque à la grenade qui a blessé et tué plusieurs personnes. Interrogé par
la BBC sur l'expulsion des fonctionnaires onusiens, le chef de la diplomatie congolaise, Joseph Mudumbi, a déclaré : « Nous devons les expulser, car ils commettent des actes hostiles. On doit combattre un ennemi, même si cet ennemi en question bénéficie d'une accréditation diplomatique. »

L'AFP a annoncé que deux suspects, dans le cadre de l'enquête sur cette
récente attaque, avaient accusé Gonzales et Gasparot de prêter un « soutien moral, matériel et financier à des forces négatives et terroristes », qui travaillaient dans la ville. Les trois membres de l'ONU ont depuis été
rappelés à Kinshasa, en zone gouvernementale.

Samedi, la MONUC a réfuté les accusations portées contre ses trois
responsables, ajoutant qu'elle les avait rappelés dimanche dans la capitale,Kinshasa, dans l'intérêt de leur « sécurité personnelle ». La mission de l'ONU a également fait savoir qu'elle « s'élève vivement contre les complots et les mesures d'intimidation » à l'encontre des trois membres de l'ONU,
citant notamment le déploiement de troupes du RCD autour de leur maison. La MONUC a également demandé que soit mis fin au « harcèlement inacceptable »
dont est victime l'ensemble du personnel des Nations Unies.

Un porte-parole de la MONUC a indiqué à IRIN que la mission enverrait ce
mardi une délégation chargée de tenir des consultations avec le RCD. « Nous
enverrons une délégation à Goma pour savoir s'il existe un problème, et
quels sont ces problèmes, » a-t-il ajouté.

« Notre capacité de travail ne va pas s'en trouver amoindrie. Le personnel
va être remplacé, » a-t-il affirmé.

Les tensions entre le RCD et la MONUC sont apparues au mois de mai à la
suite d'un rapport de l'ONU accusant les forces soutenues par le Rwanda de
graves violations des droits de l'homme perpétrées à Kisangani, au lendemain d'une mutinerie au sein du mouvement. La semaine dernière, le chef du RCD-Goma, Adolphe Onusumba, a également déclaré Amos Namanga Ngongi, le représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU Kofi Annan en RDC,
persona non grata et a demandé que l'envoyé soit rappelé.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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