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Une trêve temporaire représenterait un premier pas décisif vers la paix, affirme l’ICG

L’objectif immédiat de l’équipe de médiation sur la guerre civile au Burundi devrait être de négocier une trêve entre l’armée et la rébellion, afin de faciliter l’accès humanitaire aux dizaines de milliers de personnes déplacées dans le pays, déclare un organisme d’analyse et de plaidoyer, l’International Crisis Group (ICG). Alors seulement, estime celui-ci, sera-t-il possible d’atteindre les objectifs à plus long terme que représentent la négociation du chapitre III de l’accord d’Arusha sur le cessez-le-feu, ainsi que la réforme des forces de sécurité.

Dans un rapport intitulé "Après six mois de transition au Burundi: Poursuivre la guerre ou gagner la paix?", l’ICG souligne l’absence de progrès notables pour parvenir vers la paix au Burundi, combinée au fait que six mois après l’entrée en fonction d’un gouvernement de transition, la mise en œuvre de l’accord d’Arusha n’a toujours pas commencé.

"Permettre à l’accord d’Arusha d’être pris en otage par la question du cessez-le-feu, c’est condamner les chances du Burundi de gagner la paix. Ce ne sera que par la cohérence politique et des réformes concrètes que les raisons pour lesquelles luttent les rebelles disparaîtront finalement", a déclaré Francois Grignon, directeur du projet de l’ICG pour l’Afrique centrale.

L’ICG estime que les récentes négociations d’un cessez-le-feu en Afrique du Sud n’ont pas produit "un seul résultat concret", mais croit néanmoins que l’équipe de médiation dirigée par l’ancien président sud-africain Nelson Mandela et par le vice-président Jacob Zuma, et assistée par les présidents Benjamin Mkapa de Tanzanie et Omar Bongo du Gabon, n’est pas seule en cause. Selon l’ICG, ce sont des éléments puissants à l’intérieur du Burundi qui n’avaient tout simplement pas intérêt à mettre fin à la guerre. L’organisme impute aussi le manque de résultats aux importantes divergences qui subsistaient parmi les parties au conflit à l’égard du but réel des négociations pour un cessez-le-feu.

Toutefois, "une facilitation à multiples têtes, pressée et ad hoc" ne fournissait pas les conditions favorables pour parvenir à la paix, ajoute le groupe. Il invite par conséquent à clarifier les rôles de l’équipe de médiation et suggère qu’une équipe de logistique lui apporte un soutien à plein temps, pour recréer la confiance avec les délégations rebelles et fournir l’espace et les moyens pour qu’elles puissent négocier d’abord entre elles, puis avec le gouvernement.

Le rapport de l’ICG appelle en outre les groupes rebelles n’ayant pas signé l’accord d’Arusha, notamment les Forces pour la défense de la démocratie et les Forces nationales de libération, à mettre fin immédiatement à toutes leurs embuscades et opérations de guérilla contre l’armée burundaise, et à rompre tout rapport avec l’Armée de Libération du Rwanda, une groupe dissident rwandais. Elles devraient ensuite, suggère l’ICG, engager les négociations préalables à la déclaration d’une trêve, afin de faciliter l’accès des agences humanitaires aux dizaines de milliers de personnes déplacées du pays.

Par ailleurs, au gouvernement du Burundi, l’ICG recommande entre autres de cesser immédiatement toute offensive militaire contre les positions de la rébellion, pour lui donner la possibilité de négocier une trêve. Il lui faut aussi, souligne-t-il, appliquer les mesures de l’accord d’Arusha relatives à une Commission internationale d’enquête sur la question des prisonniers politiques, au remaniement des gouverneurs et représentants de l’administration territoriale, ainsi qu’à la mise en place d’une unité spéciale de protection des institutions composée de 50% de Hutus et de 50% de Tutsis.

Le rapport complet est disponible sur www.crisisweb.org




This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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