La rencontre, organisée par le Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, bénéficiait de la participation de représentants des Nations Unies, de pays donateurs, du FMI et de la Banque mondiale.
L’objet de cette rencontre était de discuter les résultats du dialogue intercongolais (ajourné le 19 avril, de manière peu concluante), notamment pour ce qui concerne la dimension régionale du processus de paix en République démocratique du Congo, les perspectives futures en faveur de la paix, et les incidences de la nouvelle conjoncture politique pour la communauté internationale et celle des pays donateurs, a indiqué le Bureau du médiateur.
A la suite d’une rencontre de trois heures, le bureau a indiqué que même si elle n’avait pas « identifié nettement un nouveau mécanisme pour poursuivre le processus (…), il est évident que des pourparlers supplémentaires, peut-être dans un format différent, constituent le souhait des parties à l’accord et de la communauté internationale. »
Cela faisait écho à une déclaration émise par M. Masire immédiatement après les 52 jours de délibérations à Sun City, en Afrique du Sud, indiquant qu’il avait l’intention de réunir à nouveau le dialogue intercongolais pour résoudre les « questions en suspens », mais avec un groupe beaucoup plus restreint que les 361 participants initiaux du DIC.
Les pourparlers de Sun City se sont achevés par un accord entre le gouvernement de Kinshasa, du président Joseph Kabila, le Mouvement de libération du Congo (MLC), de Jean-Pierre Bemba, soutenu par l’Ouganda, et par la majorité des délégués des groupes de l’opposition politique non armée et de la société civile, un accord auquel ont souscrit l’Angola, l’Ouganda et le Zimbabwe. L’autre principal groupe rebelle en RDC, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), a rejeté l’accord d’emblée, s’isolant par le fait même, ainsi que son allié, le Rwanda.
Par ailleurs, lundi, Ernest Wamba dia Wamba, chef d’un groupe rebelle moins important, le RCD-Mouvement de libération, a informé IRIN de ce que la coalition formée à Sun City avait pris de l’avance en élaborant des plans pour établir un gouvernement de transition. Les membres du groupe chargé de rédiger un projet de constitution se sont rendus, le 18 mai, dans la province de l’Ituri, tenue par le RCD, dans le nord-est de la RDC, a-t-il révélé, et un autre groupe se prépare à se rendre mardi à Matadi, dans l’ouest du pays.
« Le but premier de ce voyage est d’apporter la paix à ces deux secteurs, en dialoguant avec leurs habitants, et en leur redonnant confiance à l’égard de la liberté de circulation et de mouvement des gens vers ces secteurs », dit-il, ajoutant qu’il souhaite que des voyages semblables prendront place vers d’autres parties du pays, notamment Kisangani, Bukavu et Goma, tous situés en territoire contrôlé par le RCD.
D’ici deux semaines, un projet de constitution de transition sera achevé, espère-t-il. Ce qui arrivera ensuite dépendra de divers facteurs, a-t-il ajouté. Premièrement, sera pris en compte la façon dont le processus de rédaction aura été entrepris, étant donné que « quelques doutes » subsistent à cet égard au sein du groupe de coalition. Selon lui, quelques membres se seraient sentis marginalisés, voire exclus, de ce qui leur apparaissait de plus en plus dans les faits comme un accord bilatéral entre le MLC et le gouvernement de la RDC. « Amoins que les négociations ne soient effectuées entre partenaires égaux, elles ne pourront pas bien fonctionner, » a-t-il déclaré.
Deuxièmement, l’avenir du projet de constitution dépendra largement de la décision que prendront ceux qui n’ont pas été parties à l’accord de Sun City, à l’effet de s’y associer ou non. Si les choses s’étaient bien déroulées, dit-il, la rédaction d’une constitution générerait une dynamique menant à la création des institutions qui y sont décrites, et qui seraient endossées par l’ensemble des parties au conflit congolais.
« Dans une certaine mesure, il faut trouver un moyen d’amener ceux qui ne voulaient pas signer l’accord à Sun City, à discuter avec ceux qui l’ont signé. Nous voulons l’unité, nous voulons que notre pays soit unifié, et nous devons faire tout ce que nous pouvons pour que tous embarquent », a-t-il déclaré, précisant qu’il n’avait pas l’intention d’ « abandonner » quelque partie du pays que ce soit.
Les parties à l’accord de Sun City ont annoncé qu’elles vont mettre en place un gouvernement de transition à Kinshasa le 15 juin. Par ailleurs, le porte-parole du RCD, Kin Key Mulumba, a déclaré à IRIN la semaine dernière qu’il souhaite la reprise du dialogue intercongolais dans les prochaines semaines, mais ajoutait n’avoir reçu aucune confirmation quant à la participation du MLC ou du gouvernement de Kinshasa.
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