Le chef du MLC, Jean-Pierre Bemba, a rendu une visite officielle à M. Museveni - qui a soutenu le mouvement rebelle de M. Bemba contre le gouvernement de Joseph Kabila - pour l'informer de l'accord conclu au terme du dialogue intercongolais qui s'est achevé la semaine dernière à Sun City, en Afrique du Sud. M. Museveni s'est également entretenu avec une délégation du gouvernement de la RDC dirigée par le ministre des affaires étrangères, Léonard She Okitundu.
La délégation a assuré au président qu'elle considérait le nouvel accord de partage du pouvoir, qui prévoit le maintien de M. Kabila à la présidence et la nomination de M. Bemba au poste de premier ministre, comme la solution à la crise congolaise, ont rapporté les agences de presse.
Un porte-parole du ministère ougandais des Affaires Etrangères a indiqué mercredi à IRIN que son gouvernement soutenait entièrement l'accord conclu par les Congolais. Interrogé sur la question de savoir si l'aval donné par l'Ouganda à un accord auquel s'oppose le mouvement rebelle appuyé par les Rwandais, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), risquait d'avoir un impact négatif sur les relations entre l'Ouganda et le Rwanda, il a répondu: "Cela n'a rien à voir avec les relations bilatérales entre les deux nations." Il a ajouté que l'Ouganda encouragerait tous les pays, y compris le Rwanda, à cautionner cet accord.
"Quant aux relations avec le Rwanda, elles se sont améliorées. Mieux vaux se tourner vers l'avenir. Le passé est le passé," a-t-il dit, faisant référence aux affrontements entre les armées des deux pays à Kisangani, à l'est de la RDC, en 1999 et 2000.
Parallèlement, une délégation du MLC est attendue le 27 avril dans la capitale congolaise Kinshasa, a déclaré un porte-parole du gouvernement, Vital Kamerhe, cité par Associated Press (AP). Le gouvernement et les rebelles soutenus par l'Ouganda vont mettre au point les termes de leur accord, en déterminant notamment le rôle de chacun dans un gouvernement dirigé par M. Bemba, a indiqué M. Kamerhe, ajoutant que la porte restait ouverte pour que le RCD-Goma rejoigne l'accord de paix. "Ils reçoivent leurs ordres de Kigali. C'est la raison pour laquelle ils n'ont pas ratifié l'accord," a-t-il estimé.
Le RCD-Goma, ainsi que les chefs de l'opposition et de la société civile n'ayant pas signé l'accord, ont rencontré à Sun City l'ambassadeur d'Espagne en Afrique du Sud, et lui ont demandé de convaincre la communauté internationale de faire pression sur le gouvernement congolais pour qu'il revienne autour de la table de négociations afin de parvenir à un arrangement intégrant tout le monde, a indiqué le chef du RCD-Goma, Adolphe Onusumba, cité par AP. L'Espagne détient actuellement la présidence tournante de l'Union européenne (UE).
"Nous avons confirmé au représentant de l'UE que nous voulons mettre un terme à la guerre, réunifier le pays et introduire la démocratie au Congo conformément à l'accord de paix que nous avons tous signé en 1998," a déclaré M. Onusumba. "C'est le début d'une campagne politique à l'intérieur et à l'extérieur du pays pour inciter le gouvernement à revenir à la table de négociations."
Un porte-parole du RCD-Goma, Kin Kiey Mulumba, a fait savoir mardi à IRIN que la délégation du RCD-Goma participant au dialogue intercongolais attendait à Sun City le retour des délégations du gouvernement et du MLC afin de poursuivre les discussions. Il n'a pas pu dire combien de temps ils attendraient - peut-être une ou deux semaines.
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