"Cet accord ne permettra aucune réunification du pays, il ne restaurera pas la paix et ne conduira ni au retrait des forces étrangères ni à des élections libres," a déclaré vendredi Bizima Karaha du RCD, cité par la BBC. "Une alliance entre [le chef de file du MLC, Jean-Pierre] Bemba et [le président congolais Joseph] Kabila ne résoudra pas un seul problème du Congo", a-t-il ajouté.
L'accord prévoit le maintien de M. Kabila à la présidence, tandis que M. Bemba sera doté de la fonction de premier ministre.
Parallèlement, lors d'une conférence de presse tenue en fin de semaine dans la capitale ougandaise Kampala, M. Bemba a fait savoir qu'il ne constituerait pas de gouvernement tant qu'il n'aurait pas discuté avec M. Kabila des problèmes sécuritaires, a rapporté l'AFP. Il a précisé que la réunion aurait lieu avant que les deux hommes regagnent la capitale congolaise Kinshasa.
Une fois à Kinshasa, sa première priorité consistera à rassembler tous les signataires de l'accord ratifié la semaine dernière en vue de former un gouvernement et de trouver une solution pour réunifier toutes les forces belligérantes en une seule armée et garantir ainsi la sécurité des pays voisins, a-t-il dit dans des propos cités par l'AFP. Il a annoncé la mise en place d'un conseil suprême de défense, où tous les groupes seront représentés à part égale, précisant que des officiers de toutes appartenances se réuniraient à Kinshasa pour tenter d'unifier les groupes belligérants.
"Nous supplions le RCD de bien vouloir accepter cet accord," a poursuivi M. Bemba, cité par l'AFP.
Le facilitateur du dialogue intercongolais, Ketumile Masire, a ajourné vendredi les négociations politiques congolaises, précisant toutefois qu'elles reprendraient à une date ultérieure avec un groupe restreint de délégués.
Il était prévu que le dialogue intercongolais s'achève vendredi, après 52 jours de délibérations à Sun City, en Afrique du Sud, bien qu'il reste certains problèmes à régler pour dégager un consensus sur les institutions de la transition, a indiqué un communiqué de presse publié le 20 avril par le bureau du facilitateur.
Selon le communiqué, les 361 délégués ont adopté 37 résolutions au sein des cinq commissions formées lors du dialogue intercongolais. M. Masire a indiqué qu'il s'agissait d'un exploit impressionnant étant donné la complexité de la crise congolaise, ajoutant cependant que "nous quittons Sun City sans avoir totalement atteint tous nos objectifs." Le communiqué a ajouté que le président sud-africain Thabo Mbeki - qui a joué un rôle clé dans les négociations de Sun City - avait averti lors de la clôture du dialogue intercongolais que si un plan seulement partiel devait émerger, "ce plan ne fonctionnera pas. Il risque de ne pas être soutenu par la communauté internationale."
La ministre sud-africaine des affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré dimanche que son gouvernement ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour empêcher le déclenchement d'une nouvelle guerre en RDC, a rapporté l'AFP. Elle a indiqué que l'Afrique du Sud continuerait de jouer un rôle de médiateur dans les négociations sur l'avenir de la RDC, se disant confiante que l'on parviendrait à trouver une solution finale.
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