"Nous rédigeons un document contenant les amendements proposés par tous les différents groupes aux propositions de M. Mbeki qui pourraient être débattus mardi », a indiqué l'AFP qui cite un porte-parole du bureau du facilitateur.
Le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), rebelle, a rapproché un peu plus sa position de celle du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC), au détriment de son ancien allié, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD). Le porte-parole du MLC, Imana Ingulu, a déclaré lundi que le mouvement voulait maintenant que son chef, Jean-Pierre Bemba, occupe le poste de premier ministre, comme le gouvernement l'aurait laissé entendre
M. Mbeki a proposé il y a une semaine que M. Bemba, le chef du RCD, Adolphe Onusumba, et un premier ministre de l'opposition non armée constituent avec le président Joseph Kabila, une autorité de l'exécutif ou Conseil d'Etat.
Un responsable sud africain a affirmé qu'en dépit de l'accord apparent de la semaine dernière entre les chefs rebelles que M. Kabila devrait rester président pendant la période de transition, son poste est encore contesté par l'opposition civile.
Le RCD, qui s'est félicité de la proposition, a parlé du maintien de M. Kabila comme président, mais en affaiblissant fortement son autorité. « Nous pouvons envisager une présidence comme celle de la Suisse », a suggéré lundi Jean Bivigete, un colonel du RCD.
Un diplomate à Sun City a commenté à IRIN qu'alors que le RCD appuie en principe l'idée de Conseil d'Etat avancée par M. Mbeki, il reste un problème majeur pour le RCD. « Leur problème est que le chef réel du RCD est Azarias Ruberwa, or, comme il est de l'ethnie Tutsie, ils n'ont pas pu le présenter comme chef. La question est s'ils doivent avoir leur chef prête-nom, Adolphe Onusumba, ou leur chef véritable, dans le Conseil d'Etat.
D'autres observateurs ont confié à IRIN que les Rwandais, qui soutiennent le RCD, étaient aussi inquiets que M. Onusumba ne s'avère pas digne de foi, alors que M. Ruberwa, qui appartient à la même tribu que la direction rwandaise, serait plus digne de confiance.
D'un autre côté, un porte-parole de l'un des plus anciens et des plus grands partis politiques d'opposition en RDC, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Bongua Justin Mayunga, a démenti des informations affirmant que l'UDPS projetait de prendre les armes en vue d'obtenir un rôle plus important dans le gouvernement de transition.
"Les médias grossissent trop les choses », a déclaré lundi à IRIN M. Mayunga. « Certains membres ont simplement exprimé leurs frustrations et ont soulevé le problème, mais l'UDPS est encore un parti non violent ». Il a noté que tout changement de son statut devra être approuvé par le congrès exécutif du parti.
Parallèlement, une étude conduite à Bukavu, au Sud-Kivu, a révélé que la majorité de sa population est mal informée au sujet du DIC. Sur les 1 548 personnes interrogées entre le 5 et le 7 avril par le Centre pour la transformation des conflits, une agence non gouvernementale sise à Kinshasa, 70 pour cent se sont considérées mal informées. En outre, 70 pour cent pensent que le dialogue n'avancent pas d'une manière satisfaisante.
En réponse à la question: « Quels sont vos principaux espoirs concernant le dialogue ? », 89 pour cent ont affirmé soit la paix ou le départ des troupes rwandaises, ougandaises et burundaises du pays. Seul 1,5 pour cent désirait un tribunal pénal pour la RDC.
En réponse à la question: "Qui, selon vous, bloque le dialogue ? », 52 pour cent ont blâmé les rebelles, 16 pour cent, le gouvernement rwandais, 11 pour cent, la communauté internationale, 11 pour cent, les anciens hommes politiques (de l'ère de Mobutu), 2 pour cent ont blâmé le gouvernement et 0,7 pour cent, l'ethnie tutsie de la RDC, Banyamulenge.
A la question "En cas d'échec du dialogue, que proposez-vous ? », 69 pour cent a proposé une guerre populaire, 11 pour cent une tutelle de l'ONU sur le pays, et 11 pour cent, un autre dialogue.
Radio Okapi, un réseau radio de l'ONU axé en particulier sur les efforts de paix, a noté qu'en raison des difficultés d'ordre technique, elle n'a pas pu émettre sur les ondes courtes. Radio Okapi a été lancée le 25 février en RDC, pour coïncider avec la convocation du dialogue intercongolais. Depuis, elle émet de nouveaux programmes en français, lingala, swahili et tshiluba, y compris des informations sur le DIC, trois fois par jour sur des stations FM dans les villes de Kinshasa, Kisangani et Goma. En deux mois, cette situation aurait dû rectifiée grâce à des émissions sur 9550 KHz à travers presque tout le pays.
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