Des sources proches du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) ont confirmé que M. Mbeki avait fixé des « ultimatums » aux chefs de l'opposition et des mouvements rebelles, mais le dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) rebelle, Adolphe Onusumba, a décrit l'entretien d'une demi heure avec lui comme ayant été « détendu ».
M. Mbeki tenterait d'obtenir un consensus sur les deux principaux problèmes qui bloquent les négociations - ceux sur la position du président de la RDC, Joseph Kabila, et sur la formation d'une armée nationale. Les mouvements rebelles font pression pour qu'un nouveau dirigeant de transition soit choisi pendant le DIC, et pour qu'une nouvelle armée soit créée, au contraire du gouvernement qui insiste, quant à lui, pour que M. Kabila reste au pouvoir et que les mouvements rebelles soient absorbés par l'armée actuelle.
Le gouvernement de la RDC a publié lundi son communiqué le plus détaillé jusqu'à présent sur ses vues, avertissant que les négociations étaient bloquées et qu'il existait un grand risque d'échec. « C'est cette situation qui oblige le gouvernement à rendre sa position publique, et à faire quelques propositions qui auraient dû être le sujet des négociations dans le dialogue », souligne le communiqué.
Les principales propositions contenues dans le communiqué sont que M. Kabila devrait demeurer au pouvoir jusqu'aux élections, et qu'il continue de commander l'armée, tandis qu'un premier ministre devrait être nommé de l'opposition ». « La question n'est pas de décider si le président sera associé à l'administration de la période de transition avant les élections, mais de savoir quel seront ses pouvoirs », est-il indiqué.
Mais M. Onusumba a indiqué que le gouvernement n'était pas préparé pour entrer dans une discussion détaillée sur ces pouvoirs. "Ils [le gouvernement] bataillent pour un compromis général, sans permettre à leurs gens de travailler sur un projet de constitution », a-t-il déclaré à des journalistes à Sun City. Il n'est pas impossible que le dialogue débouche sur un nouveau gouvernement, a-t-il souligné, puisque les délégués se connaissent les uns les autres.
Le communiqué du gouvernement appelle ses opposants à « entendre raison », ajoutant que faute de quoi, un accord doit être recherché sur un accord-cadre qui laisserait la porte ouverte à la poursuite des négociations afin de finaliser un accord global entre les protagonistes.
Le facilitateur du dialogue, Ketumile Masire, a promis de ne pas laisser les 45 jours de négociation dépasser les délais, ce qui veut dire que les parties n'ont plus que jusqu'à vendredi pour arriver à un accord. D'autre part, dans la capitale de la RDC, Kinshasa, une minute de veille a été organisée, en partie pour faire pression sur les négociateurs à Sun City, ont rapporté les agences de presse. La radio et la télévision nationales ont aussi interrompu leurs émissions régulières pour le moment de silence, a rapporté AP.
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