Le président du Conseil, Ole Peter Kolby, a enjoint à toutes les parties impliquées dans le conflit de se soumettre aux autres requêtes de la résolution adoptée par le Conseil le 19 mars, exigeant le retrait des forces du RCD de Pweto, et des forces gouvernementales de Kayaya et Yayama, ainsi que la démilitarisation de Kisangani. Le Conseil de sécurité "a appelé toutes les parties à résoudre le statut de toutes les nouvelles positions défensives restantes de manière définitive", tout en invoquant le calme afin de faciliter les retraits.
Des sources ont indiqué à IRIN qu'avant leur retrait, les troupes rebelles du RCD avaient capturé ou détruit une large quantité de munitions stockées à Moliro par les rebelles burundais des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) avec le soutien du gouvernement congolais.
Parallèlement, un accord a été conclu concernant la révision des contrats commerciaux signés durant le conflit en RDC. La commission chargée des finances et de l'économie a établi des principes directeurs qui permettront aux experts "d'examiner et d'évaluer la validité des accords financiers et économiques signés pendant la guerre", notamment avec les pays étrangers, a indiqué une source proche du facilitateur du dialogue, citée par l'AFP.
La révision des contrats sera effectuée pendant une phase de transition politique en RDC, qui commencera à l'issue des 45 jours du dialogue intercongolais, c'est-à-dire à partir du 12 avril, et durera jusqu'à l'organisation d'élections dans le pays. L'AFP a cité les propos d'un représentant du RCD participant à la commission économique, indiquant que les principes directeurs pour évaluer les contrats signés en temps de guerre concernaient "la transparence de la transaction, l'absence d'un avantage excessif pour l'une des parties ou de préjudice à la nation, l'absence d'un enrichissement personnel et la capacité officielle des signataires".
La commission chargée des politiques humanitaires et sociales a fait elle aussi de grands progrès. Selon une source rebelle citée par l'AFP, les délégués de tous les groupes étaient sur le point de parvenir à un accord sur la question de la nationalité pour tous les citoyens congolais, y compris la minorité ethnique tutsie - les Banyamulenge - très inquiète de la marginalisation et de la persécution.
Dans un autre registre, le groupe de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW), a appelé la Commission des droits de l'homme de l'ONU en RDC à augmenter le nombre d'observateurs chargés de rendre compte de la guerre en RDC. "Toutes les paroles de ce monde ne suffisent pas à soulager les victimes qui souffrent chaque jour de cette guerre mortelle," a déclaré Alison des Forges, principale conseillère de HRW pour la région des Grands Lacs, dans un communiqué publié jeudi. "Mais plus de personnes chargées de la surveillance sur le terrain pourraient empêcher les pires abus perpétrés contre les civils et pourraient même dissuader les tueurs et les violeurs qui s'en prennent aux civils."
Bien que le bureau local de l'ONU du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCHR) emploie une vingtaine de responsables des droits de l'homme en RDC, cela ne suffit pas pour surveiller les abus commis à travers le vaste territoire, a précisé HWR. "HWR exhorte la Commission des droits de l'homme à allouer plus de fonds pour des agents de surveillance et à faire pression sur le Conseil de sécurité pour qu'il recrute et déploie des agents assignés à la MONUC (Mission de l'ONU en RDC) le plus rapidement possible, en particulier à l'est du Congo."
Une porte-parole du HCHR, Giorgia Passarelli, a indiqué à IRIN que des initiatives étaient mises en oeuvre pour améliorer la coordination avec la MONUC. Bien qu'il ne soit pas envisagé d'augmenter le nombre d'agents de surveillance ou d'agents techniques sur le terrain, elle a indiqué que les deux organisations tenaient des réunions périodiques et qu'elles s'efforçaient d'organiser des missions d'évaluation conjointes. "Cela est nouveau pour nous, mais nous nous employons à renforcer notre coopération avec la MONUC de façon à maximiser nos ressources et à partager nos informations."
HRW a notamment rappelé les atrocités commises dans le nord-est de la RDC par les milices ethniques des Hemas et des Lendus, aggravées par les affrontements entre les groupes rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie-mouvement pour la libération et du Mouvement pour la libération du Congo, et par les combats au Sud-Kivu entre les Banyamulenge, l'armée rwandaise et le RCD.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions