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Les rebelles et le gouvernement s'accusent mutuellement d'être responsables de l'attentat à la grenade

Les délégations du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et des rebelles qui participent au dialogue intercongolais à Sun City, en Afrique du Sud, ont émis des accusations et des contre-accusations suite à une attaque à la grenade survenue dimanche à Goma. La grenade, qui a explosé au milieu d'une procession pour la fête des Rameaux, a tué un prêtre et deux fillettes, et fait de nombreux blessés.

Dans un communiqué publié lundi, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), le mouvement rebelle soutenu par les Rwandais qui contrôle Goma, a qualifié l'incident d'attaque terroriste perpétrée par l'Armée pour la libération du Rwanda (ALIR): "L'ALIR fait partie des 16 organisations terroristes identifiées par le gouvernement américain," a fait savoir le secrétaire général du RCD, Azarias Ruberwa, "et elle est soutenue par le gouvernement de Kinshasa."

L'ALIR est composée de rebelles hutus rwandais (y compris d'anciens soldats du gouvernement), dont certains ont participé au génocide rwandais de 1994.

Par ailleurs, le gouvernement congolais a affirmé que de nombreuses troupes rwandaises étaient présentes lors de la procession et qu'un soldat du gouvernement rwandais avait lancé la grenade. "Il a même été établi que la personne ayant lancé la grenade fait partie de l'Armée patriotique rwandaise," a déclaré le ministre congolais de l'information, Kikaya Bin Karubi, lors d'une conférence de presse. "Cela ne vient pas de nous, mais de sources indépendantes à Goma."

Le représentant de la RDC chargé de la liaison avec les Nations Unies, Vital Kamerhe, a indiqué que l'incident était lié à une manifestation paisible d'étudiants protestant contre l'augmentation des frais de scolarité. Des troupes rwandaises ont franchi la frontière - à environ deux kilomètres -pour encadrer la manifestation, qui a commencé vendredi, a-t-il dit. Interrogé sur le mutisme du gouvernement à propos de certaines informations faisant état de la mort d'un étudiant vendredi, M. Kamerhe a répondu: "Nous avons décidé de ne pas nous lancer dans des paroles de démagogie sur la base de faits invérifiables."

D'autres sources à l'est de la RDC ont avancé que l'archevêque de Goma, Faustin Ngabu (un membre de la communauté hema) semblait être la cible du tueur.

Lundi, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, s'est dit "profondément choqué" par les nouvelles de cet attentat à la grenade. "Le secrétaire général condamne vivement cette attaque, qui a aggravé le chagrin et la tristesse des habitants de Goma, récemment frappés par l'éruption mortelle du volcan Nyiragongo," a indiqué le communiqué de l'ONU.

Toutefois, l'incident n'a pas interrompu lundi le dialogue intercongolais. Les commissions réunies en huis-clos pour discuter de l'économie et des finances, des politiques sociales et humanitaires, de la réconciliation et de la paix, et des problèmes juridiques et politiques, ont été convoquées en session plénière lundi soir pour rendre compte des progrès réalisés ces quatre derniers jours, selon l'AFP. Dans le même temps, une autre commission, chargée de la défense et de la sécurité, et qui n'a pas pu assister à cette réunion, devrait présenter son rapport intérimaire mardi.

La question de savoir comment former une nouvelle armée nationale reste toujours aussi épineuse. Le gouvernement a indiqué qu'il ne pouvait pas accepter la suggestion des rebelles, qui proposent que la nouvelle armée compte 40 000 hommes issus des forces rebelles et 20 000 de l'armée du gouvernement.

La commission chargée de l'économie et des finances, ainsi que la commission sur les politiques sociales et humanitaires, ont toutes deux accompli de grands progrès, ont rapporté les agences de presse.

Parallèlement, une date a été fixée pour une rencontre entre les diplomates du Conseil de sécurité de l'ONU et les principales parties au conflit en RDC. La visite, dirigée par l'ambassadeur français auprès des Nations Unies, Jean-David Levitte, est prévue entre le 27 avril et le 7 mai, a fait savoir lundi le président du Conseil, Ole Peter Kolby, cité par Reuters.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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